Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame
La collégiale Notre-Dame de Poissy, située dans les Yvelines en Île-de-France, fut fondée vers 1016 par le roi Robert le Pieux. De cette première église du XIe siècle, seul subsiste le clocher-porche occidental, le reste ayant été reconstruit à partir du XIIe siècle dans un style roman tardif, puis modifié au fil des siècles. L’édifice est surtout connu pour avoir été le lieu du baptême du futur Louis IX (Saint Louis) en 1214, un événement qui marqua son histoire et lui conféra une dimension symbolique majeure. Les fonts baptismaux utilisés à cette occasion, toujours conservés, devinrent une relique après la canonisation du roi en 1297.
Au Moyen Âge, la collégiale abritait un chapitre de chanoines, dissous lors de la Révolution française. L’église, fermée au culte en 1790, rouvrit en 1802 mais était alors en ruine. Les restaurations successives, notamment celles menées par Eugène Viollet-le-Duc à partir de 1844, transformèrent profondément l’édifice. Viollet-le-Duc, initialement respectueux des structures médiévales, finit par réinterpréter librement certaines parties, notamment l’abside et les voûtes, effaçant des éléments postérieurs au XIIe siècle. Ses interventions, bien que critiquées pour leur manque d’authenticité, sauvèrent néanmoins le monument de la destruction.
L’architecture de la collégiale reflète cette histoire complexe : la nef, d’origine romane, fut remaniée aux XVe et XVIe siècles, tandis que le déambulatoire et les chapelles latérales conservent des traces des styles gothique primitif et flamboyant. Le clocher central, considéré comme l’un des plus beaux éléments de l’édifice, et le clocher-porche occidental, partiellement reconstruit après un effondrement au XVIe siècle, illustrent cette superposition de périodes. Malgré les controverses sur les restaurations du XIXe siècle, la collégiale reste un témoignage précieux de l’évolution architecturale et religieuse en Île-de-France.
Le mobilier de la collégiale inclut des pièces remarquables, comme les fonts baptismaux de Saint Louis, un maître-autel du XIVe siècle classé monument historique, ou encore des statues et dalles funéraires datant du Moyen Âge à l’époque moderne. Parmi les œuvres les plus notables figurent une Mise au tombeau du XVIe siècle, une statue de saint Jean-Baptiste du XIVe siècle, et une statue d’Isabelle de France, fille de Saint Louis. Ces éléments, combinés à l’histoire mouvementée de l’édifice, en font un lieu chargé de mémoire.
Au XIXe siècle, les interventions de Viollet-le-Duc, bien que radicales, permirent de stabiliser la structure, menacée par des siècles de modifications et de négligence. Ses choix, comme la suppression des éléments post-médiévaux ou la reconstruction des voûtes, furent souvent critiqués pour leur manque de fidélité historique. Pourtant, ils donnèrent à la collégiale son aspect actuel, mêlant authenticité médiévale et réinterprétations néogothiques. Aujourd’hui, l’édifice continue de faire l’objet de campagnes de restauration, comme celle prévue entre 2025 et 2029, visant à préserver ce patrimoine complexe.
La collégiale Notre-Dame de Poissy, classée monument historique dès 1840, incarne ainsi près d’un millénaire d’histoire religieuse, architecturale et politique. Son rôle dans le baptême de Saint Louis, ses transformations successives et son mobilier exceptionnel en font un monument incontournable du patrimoine francilien, malgré les polémiques entourant ses restaurations.