Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame
La collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois, située dans la ville éponyme en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au XIe siècle, bien que sa reconstruction majeure ait eu lieu aux XIIIe et XIVe siècles. Initialement dépendante de l’abbaye bénédictine de Flavigny-sur-Ozerain, elle fut érigée à partir de 1225 pour remplacer une église jugée trop petite. Dédiée à l’Assomption de la Vierge, son chœur est orienté vers l’est, symbolisant le soleil levant du 15 août, date de cette fête religieuse.
Au fil des siècles, l’édifice a subi plusieurs transformations, notamment l’ajout de chapelles latérales au XVe siècle, financées par les corporations de métiers locales. Ces chapelles, comme celles des drapiers et des bouchers, illustrent l’importance économique et sociale des guildes dans la cité médiévale. La collégiale devint officiellement une église collégiale en 1739, avant d’être profondément restaurée au XIXe siècle par Eugène Viollet-le-Duc, qui consolida la flèche du transept, refit la charpente du chœur et remania plusieurs éléments architecturaux entre 1845 et 1855.
L’architecture de la collégiale allie des éléments gothiques marquants, comme une façade à deux tours carrées, un clocher octogonal de 58 mètres, et un porche à trois portails du XVe siècle. À l’intérieur, la nef étroite et élevée, le triforium orné de têtes sculptées représentant la société du XIIIe siècle, et les stalles du chœur datant de 1728 témoignent de son riche patrimoine artistique. Les vitraux, dont ceux des chapelles corporatives, offrent un aperçu des activités économiques locales, tandis que la Mise au tombeau polychrome de la fin du XVe siècle, attribuée à Antoine Le Moiturier, souligne son importance religieuse.
L’histoire de la collégiale est également marquée par des épisodes révolutionnaires, durant lesquels certaines sculptures furent martelées après sa transformation en temple de la Raison en l’an III (1795). Rendue au culte en 1805, elle devint église paroissiale. Les restaurations du XIXe siècle, bien que controversées pour certaines modifications néo-gothiques, permirent de préserver l’édifice, classé Monument Historique dès 1840. Enfin, une campagne de restauration complète fut entreprise en 1999 pour assurer sa conservation.
Parmi les personnalités liées à la collégiale, Jean VI Rolin (v.1450–1501), mentionné en 1482, incarne les figures influentes de la région. La tradition attribue aussi la fondation de l’église primitive à Robert Ier, duc de Bourgogne, en expiation du meurtre de son beau-père, Dalmace de Semur-en-Brionnais. Ces éléments historiques et architecturaux font de Notre-Dame de Semur-en-Auxois un monument emblématique du patrimoine bourguignon, reflétant à la fois la dévotion religieuse, le pouvoir politique et la vie économique médiévale.