Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame
La collégiale Notre-Dame de Vernon, située dans l’Eure en Normandie, est un édifice religieux dont les origines remontent à la fin du XIe siècle. Consacrée en 1099 par l’évêque d’Évreux, elle fut construite sur les vestiges d’un temple païen. Son architecture mêle styles roman (choeur et abside) et gothique (nef, façade, déambulatoire), avec des ajouts Renaissance comme la porte de la sacristie. La collégiale fut un lieu épiscopal temporaire au XIVe siècle après l’incendie d’Évreux, puis subissant des transformations majeures jusqu’au XVIIe siècle, dont le rehaussement du sol en 1658 pour contrer les crues de la Seine.
La façade occidentale, achevée aux XIVe et XVe siècles, arbore une rose inspirée de la Sainte-Chapelle de Vincennes et un portail dédié à la Vierge, dont les statues furent martelées pendant la Révolution. À l’intérieur, le chœur roman contraste avec la nef gothique, ornée de vitraux modernes remplaçant ceux détruits en 1944. La collégiale abrite aussi des œuvres d’art notables, comme un retable du XVIe siècle, un mausolée Renaissance, et des orgues classées du XVIIe siècle, restaurées après des dégâts causés par la Seconde Guerre mondiale.
La collégiale fut un lieu de culte majeur, devenant le « temple de la Raison » pendant la Révolution, avant d’être restaurée au XIXe siècle par Félix Leclerc de Pulligny. Elle a inspiré des artistes comme Claude Monet, qui l’a peinte à plusieurs reprises entre 1883 et 1894. Aujourd’hui, elle reste un symbole du patrimoine vernonnais, alliant histoire médiévale, transformations Renaissance et restaurations contemporaines.
Le déambulatoire, l’un des premiers de style gothique en Normandie (vers 1160), et les chapelles latérales ajoutées entre le XIVe et XVIe siècles, illustrent l’évolution architecturale du monument. La tour inachevée du XIIIe siècle, les gargouilles et les arcs-boutants rappellent son héritage médiéval, tandis que les vitraux modernes, comme ceux de Jacques Bony (1975), dialoguent avec les rares fragments du XVIe siècle conservés.
Les crues de la Seine ont marqué l’histoire de la collégiale, comme en témoigne une inscription de 1658 indiquant le niveau des eaux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bombardements de 1940 et 1944 détruisirent ses vitraux, aujourd’hui remplacés par des créations contemporaines. Classée dès 1862, la collégiale continue de jouer un rôle culturel, avec des concerts d’orgue et des expositions, perpétuant son lien avec la communauté vernonnaise.
Enfin, le mobilier de la collégiale, incluant des tableaux attribués à Annibale Carracci et Claude Vignon, ainsi que des sculptures comme celle de saint Adjutor, patron de Vernon, reflète son importance artistique. Les orgues, construites en 1610 et restaurées au XXe siècle, sont un témoignage exceptionnel de la facture baroque française, toujours en usage lors de cérémonies et concerts.