Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame-des-Pommiers
La collégiale Notre-Dame-des-Pommiers de Beaucaire trouve ses origines au XIe siècle, lorsque des bâtiments furent donnés en 1096 aux Bénédictins de la Chaise-Dieu pour y fonder un prieuré. Cinq siècles plus tard, en 1597, le pape Clément VIII érigea ce prieuré en collégiale, dotée d’un chapitre composé d’un doyen, d’un capiscol, de dix chanoines et de deux hebdomadiers. Ce lieu de culte, profondément ancré dans la vie religieuse locale, fut marqué par une dévotion ancienne à sainte Madeleine, patronne de la célèbre foire de Beaucaire depuis le Moyen Âge.
La décision de reconstruire l’édifice fut prise le 23 août 1734, en raison de l’exiguïté de l’ancienne église paroissiale, incapable d’accueillir une population grandissante. Les habitants de Beaucaire financèrent eux-mêmes les travaux, le chapitre ne disposant pas des ressources nécessaires. Les plans, conçus par les architectes Jean-Baptiste Franque et Guillaume Rollin, prévoyaient une église en croix latine avec une façade convexe et une coupole imposante de 30 mètres de haut. La première pierre fut posée le 3 décembre 1734, mais des difficultés financières retardèrent la bénédiction du nouvel édifice jusqu’au 15 juillet 1744.
Parmi les éléments remarquables de la collégiale, on note une frise romane du XIIe-XIIIe siècle, vestige de l’ancienne église, intégrée au mur est du clocher et représentant la Cène. Le mobilier intérieur, réalisé en marqueterie de marbre par l’atelier marseillais de Dominique Fossaty, inclut un maître-autel, une chaire et des fonts baptismaux. La chapelle dédiée à sainte Madeleine, héritière d’une dévotion médiévale, abrite des œuvres d’art des XVIIIe et XIXe siècles, dont des tableaux et un autel en marbre blanc.
Classée Monument historique par arrêté du 13 octobre 1942, la collégiale illustre l’architecture baroque méridionale, mêlant influences classiques et spécificités locales. Son orientation nord-sud, rare pour une église, s’explique par une adaptation au tissu urbain préexistant. Les tribunes aménagées dans les bas-côtés et le chœur, ainsi que les grilles en fer forgé, témoignent d’une conception spatiale innovante pour l’époque.
Le chapitre de la collégiale compta parmi ses membres des figures notables, comme Claude-François de Narbonne-Pelet, doyen en 1731 et abbé de Notre-Dame de Valsaintes. Les entrepreneurs avignonnais Arnaud et Robert, adjudicataires des travaux en 1734, jouèrent un rôle clé dans la réalisation du chantier, tandis que les artisans locaux, souvent anonymes, contribuèrent au mobilier et aux décors. Aujourd’hui, l’édifice reste un symbole du patrimoine religieux et architectural de l’Occitanie.