Frise chronologique
VIe siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
VIe siècle (≈ 650)
Première église attribuée à Waroch (tradition).
IXe–Xe siècles
Translation des reliques
Translation des reliques
IXe–Xe siècles (≈ 1050)
Construction d’une basilique pour saint Aubin.
XIIe siècle (après 1150)
Nef romane
Nef romane
XIIe siècle (après 1150) (≈ 1250)
Extension avec chapiteaux historiés.
1342
Sac de Guérande
Sac de Guérande
1342 (≈ 1342)
Destruction partielle pendant la guerre de Succession.
1541
Achèvement de la charpente
Achèvement de la charpente
1541 (≈ 1541)
Date gravée sur les sablières.
1380–XVe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
1380–XVe siècle (≈ 1550)
Transept, chœur et chevet refaits.
1705
Effondrement du campanile
Effondrement du campanile
1705 (≈ 1705)
Détruit par un ouragan.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers en France.
28 novembre 1876
Effondrement de la façade
Effondrement de la façade
28 novembre 1876 (≈ 1876)
Reconstruction controversée jusqu’en 1885.
1899
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1899 (≈ 1899)
Découverte de traces mérovingiennes sous le chœur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
2025–2035
Chantier de restauration
Chantier de restauration
2025–2035 (≈ 2030)
10 ans de travaux (10 millions d’euros).
Patrimoine classé
Eglise Saint-Aubin (ancienne collégiale) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Aubin - Évêque d’Angers (VIe siècle) |
Protecteur légendaire de Guérande contre les Vikings. |
| Waroch - Chef breton (VIe siècle) |
Fondateur présumé de la première église (tradition). |
| Louis de La Cerda - Commandant espagnol (1342) |
Responsable du sac de Guérande. |
| François Ier - Roi de France |
Finance les travaux en 1523 (500 livres). |
| Grégoire XI - Pape (1372) |
Accorde des indulgences pour la restauration. |
| Léon X - Pape (1515) |
Indulgences pour rebâtir la tour effondrée. |
| Abbé Plormel - Recteur (1861–1890) |
Initiateur des voûtes en tuffeau (controversées). |
| E. Boismen - Architecte diocésain (XIXe) |
Reconstruction de la façade après 1876. |
| Amédée Bollée - Fondeur de cloches (1885) |
Auteur des cinq cloches actuelles. |
| Stéphane Bern - Animateur (2025) |
Soutien via la Mission Patrimoine (Loto). |
Origine et histoire
La collégiale Saint-Aubin de Guérande, située au cœur de la cité médiévale entourée de remparts, est un édifice majeur du diocèse de Nantes. Son histoire remonte au moins au VIe siècle, selon la tradition, avec une première construction attribuée au chef breton Waroch. L’édifice actuel, classé Monument Historique dès 1840, résulte de plusieurs campagnes de construction : une nef romane tardive (XIIe siècle), un chœur et un transept gothiques (XIVe–XVe siècles), et une façade Renaissance achevée au XVIe siècle. Le monument a subi des destructions partielles, notamment lors de la guerre de Succession de Bretagne (1342) et après un effondrement en 1876, nécessitant des restaurations majeures.
Au Moyen Âge, la collégiale était le siège d’un chapitre de quatorze chanoines, dirigés par un prévôt, et jouait un rôle central dans la vie religieuse et sociale de Guérande, prospère grâce au commerce du sel. Le traité de Guérande (1365), mettant fin temporairement à la guerre de Succession, y fut juré sur son grand autel. Les fouilles archéologiques ont révélé des traces d’un lieu de culte mérovingien, ainsi que des sarcophages et des éléments romans réemployés. La légende locale attribue à saint Aubin, évêque d’Angers au VIe siècle, un miracle ayant sauvé la ville des Vikings en 919, renforçant son statut de protecteur.
Les transformations majeures incluent la reconstruction gothique après 1380, l’ajout de chapelles latérales au XVIe siècle, et des restaurations controversées au XIXe siècle (voûtes en tuffeau, flèche néo-gothique). En 2025, un chantier de restauration de 10 ans (10 millions d’euros) est lancé pour sauver l’édifice, sélectionné parmi les lauréats du Loto du Patrimoine. La collégiale abrite des vitraux des XVIe–XVIIe siècles, un jubé démonté en 1804 (aujourd’hui au Musée de Cluny), et cinq cloches fondues en 1885 par Amédée Bollée.
L’architecture extérieure reflète cette histoire complexe : une façade ouest à portail géminé et baie vitrée (XVIe siècle), un chevet prismatique inspiré du gothique flamboyant, et des contreforts ornés de pinacles. À l’intérieur, la nef romane contraste avec le chœur gothique, tandis que la crypte (XIVe siècle) et la salle du chapitre (XVe siècle) témoignent des fonctions liturgiques et administratives du chapitre. Les sabotages révolutionnaires (destruction de la statuaire, fonte des cloches) et les tempêtes (effondrement du campanile en 1705) ont marqué son histoire.
Le rôle des chanoines était central : ils géraient les offices, l’éducation musicale (école de la psalette pour jeunes garçons), et les œuvres caritatives. Leur expulsion pendant la Révolution fut temporaire, et l’église retrouva sa fonction cultuelle en 1802. Les fouilles de 1899 sous le chœur ont confirmé l’ancienneté du site, avec des traces d’occupation depuis l’époque mérovingienne. Aujourd’hui, la collégiale reste un symbole du patrimoine guérandais, lié à la fois à l’histoire bretonne, au duché de Bretagne, et à la prospérité économique médiévale.