Fondation par Barnard 838 (≈ 838)
Barnard, archevêque de Vienne, fonde la collégiale et y dépose des reliques de martyrs.
944
Canonisation de Barnard
Canonisation de Barnard 944 (≈ 944)
Barnard est canonisé, faisant de l'édifice un lieu de pèlerinage important.
1134
Reconstruction après incendie
Reconstruction après incendie 1134 (≈ 1134)
Un incendie détruit partiellement l'abbatiale, conduisant à sa reconstruction dans le style roman.
1238
Introduction du gothique
Introduction du gothique 1238 (≈ 1238)
Début de la construction gothique avec voûtes sur croisées d'ogives et aménagements du chœur.
XIVe siècle
Construction salle capitulaire
Construction salle capitulaire XIVe siècle (≈ 1450)
Une salle capitulaire est attestée et agrandie par deux chapelles.
1574
Restauration post-guerres
Restauration post-guerres 1574 (≈ 1574)
Campagnes de restauration après les dégâts des guerres de Religion.
1840
Classement historique
Classement historique 1840 (≈ 1840)
La collégiale est classée au titre des monuments historiques.
1940
Dégâts de la Seconde Guerre mondiale
Dégâts de la Seconde Guerre mondiale 1940 (≈ 1940)
Bombardement du Pont Vieux endommageant les vitraux de la collégiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Barnard : classement par liste de 1840 ; Parcelles de terrains aux abords de l'église (cad. F 1235, 1236, 1237) : classement par arrêté du 22 juin 1942
Personnages clés
Barnard
Archevêque de Vienne, fondateur de la collégiale et saint canonisé.
Victor Dupont
Architecte responsable de la restauration du XIXe siècle.
Origine et histoire de la Collégiale Saint-Barnard
La collégiale Saint-Barnard de Romans-sur-Isère, église catholique située dans la Drôme, a été fondée en 838 par Barnard, archevêque de Vienne. Le monastère fut dédié aux apôtres Pierre et Paul, tandis que l'église primitive reçut les reliques des martyrs viennois Exupère, Félicien et Séverin. Barnard fut canonisé en 944 et la vénération de ses reliques fit rapidement de l'édifice un lieu de pèlerinage ; des chanoines réguliers remplacèrent les moines entre 932 et 939, contribuant à développer ce culte. L'abbatiale connut des destructions et des reconstructions répétées : dévastée par les raids et les pillages au haut Moyen Âge, elle fut rebâtie après un incendie en 1134, dont datent les parties romanes encore visibles. À partir de 1238 s'ouvre une seconde grande phase de construction qui introduit le style gothique, avec voûtes sur croisées d'ogives, triforium et aménagements du transept et du chœur. Le sac infligé à l'église en 1280 provoqua la perte d'un clocher-porche occidental ; le clocher rectangulaire actuel fut édifié après cet événement. Une salle capitulaire est attestée au XIVe siècle, puis agrandie avant 1440 par deux chapelles aujourd'hui disparues. L'édifice souffrit encore lors des guerres de Religion et fit l'objet de campagnes de restauration à partir de 1574, reconstructions qui se poursuivirent sur plusieurs siècles. La Révolution et les aménagements urbains du XIXe siècle entraînèrent la vente ou la disparition de parties du cloître et de chapelles, et le cloître médiéval adossé au sud, édifié en 1049, fut détruit au XIXe siècle. Le bombardement du Pont Vieux en 1940 provoqua la soufflerie des vitraux de la collégiale. Classée au titre des monuments historiques dès la liste de 1840, la collégiale a vu ses abords complétés par un classement en 1942. Architectoniquement, l'édifice associe des éléments romans — notamment dans les parties basses de la nef et certains parements — et un ensemble gothique marqué par de grandes baies, un triforium à galeries et des peintures et décors du XIVe siècle dans le chœur et l'abside. Le portail roman, dont la sculpture datée du milieu du XIIe siècle s'inspire de modèles méridionaux, conserve des pieds-droits ornés d'apôtres juchés sur des lions, malgré les mutilations subies pendant les guerres de Religion. Le matériau principal est une molasse locale jaunâtre, sensible à l'altération, qui a conduit à des restaurations avec des moellons plus clairs. Aujourd'hui la collégiale présente une nef unique de quatre travées, un transept saillant et un chœur profond à abside polygonale, témoignant de la longue histoire architecturale et liturgique du lieu.