Origine et histoire de la Collégiale Saint-Ermel
La collégiale Saint-Ermel de Vireux-Molhain, située dans les Ardennes, est l’une des plus anciennes églises romanes de la Chrétienté. Fondée en 752 par Dame Ada, épouse de Wibert, comte de Poitiers, elle conserve une crypte préromane du VIIIe siècle, vestige de sa fondation carolingienne. L’édifice fut un lieu de vénération des reliques de Saint-Ermel, évêque missionnaire, jusqu’en 1563, attirant des pèlerins pendant des siècles. La tradition locale évoque un possible lien avec Pépin le Bref, bien que non documenté.
Du bâtiment originel, seule la crypte subsiste aujourd’hui. La structure actuelle, de style roman avec des éléments du XVIIIe siècle, fut reconstruite au-dessus de cette crypte. L’église, classée Monument Historique en 1964, se distingue par son aspect massif en pierre de récupération gallo-romaine, ses contreforts latéraux et sa couverture en schiste. Son intérieur abrite un mobilier religieux remarquable, dont une Mise au tombeau du XVe siècle et des statues polychromes.
La collégiale fut enrichie au fil des siècles par des dons, notamment ceux de Pépin le Bref en 760, qui augmenta la dotation des chanoines. Le registre du chapitre de Molhain, découvert au XIXe siècle, confirme son rôle central dans la vie religieuse locale. Aujourd’hui, elle témoigne de plus de mille ans d’histoire, mêlant héritage carolingien, art roman et ajouts baroques.
La crypte, en forme de T avec des voûtes d’arêtes portées par des colonnes de pierre bleue, est un rare exemple d’architecture préromane. Elle abrite des traces des premières fondations, tandis que la nef et le chœur, décorés de stucs du XVIIIe siècle, contrastent avec l’austérité des parties anciennes. Parmi les trésors conservés figurent un lé de cuir de Cordoue orné, des dalles funéraires médiévales et un retable du XVIIe siècle.
Le site, lié à la vallée de la Meuse, reflète l’importance stratégique et spirituelle de Vireux-Molhain, carrefour entre les influences liégeoises, françaises et germaniques. Les statues en bois polychrome, comme celles de saint Michel ou saint Roch, illustrent la richesse artistique de la région, tandis que les stalles des chanoines rappellent son statut de collégiale.
Classée pour son patrimoine mobilier et immobilier, la collégiale reste un symbole de la continuité religieuse et architecturale en Grand Est, malgré les destructions et reconstructions successives. Son histoire, documentée dès le VIIIe siècle, en fait un monument clé pour comprendre l’évolution des édifices chrétiens en France.