Origine et histoire de la Collégiale Saint-Florent
La collégiale Saint-Florent de Niederhaslach, située dans le Bas-Rhin, est un joyau de l’architecture gothique alsacienne. Fondée à l’emplacement d’un monastère bénédictin du VIIe siècle attribué à saint Florent, évêque de Strasbourg, elle fut reconstruite à partir de 1274 après la destruction d’un édifice antérieur. L’incendie de 1287 et la mort de l’architecte Gerlach von Steinbach en 1330 marquèrent des pauses dans sa construction, achevée vers 1385. Son histoire tumultueuse inclut pillages, incendies (notamment en 1633 pendant la guerre de Trente Ans), et des usages profanes comme abattoir au XVIIIe siècle.
Classée monument historique en 1846, la collégiale bénéficia d’une restauration majeure entre 1853 et 1870 sous la direction d’Émile Boeswillwald, qui y ajoutait des éléments néogothiques comme la surélévation de la tour à 42 mètres. Les vitraux, parmi les plus anciens d’Alsace (XIIIe–XIVe siècles), et les sculptures extérieures (portail de 1310, gargouilles) témoignent de son riche patrimoine artistique. Une seconde campagne de restauration (1990–2006) visait à préserver l’état issu du XIXe siècle, malgré des critiques sur certaines libertés prises par Boeswillwald.
Le mobilier intérieur comprend un saint sépulcre du XIVe siècle, des stalles du XVIIe–XVIIIe siècles, et un orgue Rinckenbach de 1903. Le site, entouré des vestiges du cimetière collégial et de maisons canoniales, illustre l’importance religieuse et sociale de la collégiale, liée à l’évêché de Strasbourg jusqu’à sa suppression en 1789. Les fouilles ont révélé des traces d’une église du IXe siècle et d’un cloître roman, partiellement conservé.
Saint Florent, ermite du VIIe siècle, est à l’origine du pèlerinage après la translation de ses reliques en 810. L’édifice, initialement dédié à la Vierge et à la Trinité, devint collégiale au XIe siècle avec l’installation de chanoines. Les chapelles (Notre-Dame, Saint-Joseph) et le reliquaire de saint Florent (1716) soulignent son rôle spirituel. Les restaurations successives, bien que controversées, ont permis sa survie, faisant de ce monument un témoin majeur de l’histoire alsacienne.
Les principes de restauration modernes, appliqués en 1990–2006, contrastent avec les méthodes du XIXe siècle : respect de la valeur documentaire, entretien régulier, et études préliminaires (archéologie, histoire de l’art) sont désormais privilégiés. La collégiale, propriété communale, reste un lieu de culte et un site touristique, classé pour son architecture et son mobilier exceptionnels.