Origine et histoire de la Collégiale Saint-Georges
La collégiale Saint-Georges de Pithiviers, située dans le Loiret, est un monument emblématique dont les origines remontent à la fin du XIe siècle. Selon la tradition, une première église dédiée à Saint-Georges aurait existé dès l’époque de Clovis, remplacée plus tard par une église carolingienne. Entre 1005 et 1020, sous l’impulsion d’Héloïse de Pithiviers, une église romane est construite, dotée d’un collège de chanoines. Ce premier édifice est reconstruit à la fin du XIe siècle, puis partiellement modifié au XIIIe siècle, avant d’être en grande partie détruit lors des guerres de Religion.
Les vestiges encore visibles aujourd’hui, bien que non accessibles en dehors des Journées européennes du patrimoine, témoignent de ces différentes phases de construction. On y distingue notamment le clocher du XIe siècle, des bas-côtés et des absidioles de l’église basse et haute, ainsi que des éléments gothiques du XIIIe siècle. Ces vestiges révèlent une architecture romane marquée par des absidioles profondes et des arcs en plein cintre surhaussés, caractéristiques de la région.
L’histoire de la collégiale est également marquée par des destructions violentes. En 1218, l’édifice roman aurait été détruit lors des représailles de Philippe Auguste. Un incendie en 1562, lié aux guerres de Religion, entraîne la disparition progressive de la nef et de la basse-nef nord. Au XIXe siècle, les ruines sont réutilisées comme école, logement, garage et annexe de théâtre, avant d’être partiellement protégées au XXe siècle. Les vestiges sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 1928, puis partiellement classés en 1986.
Les fouilles et études ultérieures ont permis de distinguer deux édifices superposés sous le même vocable : une église romane avec crypte, construite vers 1070-1080 dans un ensemble castral, et une collégiale gothique du début du XIVe siècle, sans crypte. Les relations entre ces deux structures, notamment l’accès à la crypte par des escaliers situés aux extrémités du déambulatoire, ont aujourd’hui disparu. Les chapiteaux et sculptures, bien que modestes, offrent un aperçu de l’art roman local.
La collégiale Saint-Georges illustre ainsi les transformations architecturales et les tumultes historiques de la région. Son clocher roman, ses absidioles et ses bas-côtés gothiques en font un témoignage précieux des évolutions stylistiques entre le XIe et le XIIIe siècle. Malgré les destructions, ces vestiges rappellent l’importance religieuse et sociale de Pithiviers au Moyen Âge, ainsi que les réutilisations successives de l’édifice au fil des siècles.
Aujourd’hui, la collégiale appartient à la commune de Pithiviers. Bien que ses ruines ne soient que partiellement conservées, elles restent un élément clé du patrimoine religieux et architectural du Loiret, attirant l’attention des historiens et des passionnés d’art médiéval lors des rares occasions où elles sont accessibles au public.