Origine et histoire de la Collégiale Saint-Hilaire
La collégiale Saint-Hilaire, située à Semur-en-Brionnais (Saône-et-Loire), est une église romane du XIIe siècle classée monument historique en 1862. Son architecture hybride mêle le style roman local et l’influence de Cluny III, grâce à l’envoi d’architectes par Hugues de Semur, abbé de Cluny et fils du seigneur local. La construction s’échelonne en deux phases : le chevet et le transept (début XIIe), puis le portail occidental et sa tribune (années 1180).
L’église devient collégiale en 1274 sous l’impulsion de Jean de Châteauvillain et de l’évêque d’Autun, abritant un chapitre de 13 chanoines. Elle subit des pillages (1364, par le Prince Noir) et un incendie en 1576 lors des guerres de Religion, entraînant l’effondrement de sa voûte, remplacée par un plafond en lambris. Après la Révolution, elle est restaurée au XIXe siècle par Eugène Millet, qui rétablit la voûte de la nef et embellit l’intérieur (vitraux de Bégule en 1889).
Son portail occidental est remarquable : le tympan représente le Christ en majesté, tandis que le linteau illustre un épisode rare du concile de Séleucie (359), mettant en scène saint Hilaire défendant la foi catholique. L’édifice conserve aussi trois cadrans solaires sur son mur sud. Le chevet, à trois absides semi-circulaires, s’écarte du modèle clunisien, et le clocher octogonal est une rareté régionale. Les bâtiments canoniaux adjacents, dont une salle capitulaire du XVIe siècle, complètent l’ensemble.
Architecturalement, la nef à trois étages, inspirée de Cluny III, comprend un triforium décoratif et des piliers cannelés. La croisée du transept est surmontée d’une lanterne octogonale, tandis que le chœur, voûté en cul-de-four, présente des colonnettes et des arcades aveugles ornées. Les portails latéraux, richement sculptés (tympan trilobé au nord, croix potencée au sud), témoignent de la maîtrise artisanale roman.
Classée dès 1862, la collégiale incarne le lien entre le Brionnais et Cluny, tout en affirmant son originalité. Ses restaurations successives (XIXe siècle) ont préservé son caractère roman, tout en intégrant des éléments néo-médiévaux, comme les vitraux de Bégule. Aujourd’hui, elle reste un témoignage majeur de l’art roman bourguignon et de l’histoire religieuse locale.