Origine et histoire de la Collégiale Saint-Jean
La collégiale Saint-Jean de Pézenas, située dans le département de l’Hérault, trouve ses origines au début du XIVe siècle. À cette époque, la ville fortifiée ne possédait pas encore d’église paroissiale intra muros. Vers 1314, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem cédèrent aux habitants l’église romane fortifiée construite par les Templiers, à condition qu’elle soit dédiée aux saints Jean-Baptiste et Jean l’Évangéliste. L’édifice, doté d’un clocher crénelé en 1317, devint le cœur spirituel de la cité. Agrandie au XVIe siècle, elle s’effondra partiellement en 1733, nécessitant une reconstruction totale.
La reconstruction fut confiée à l’architecte avignonnais Jean-Baptiste Franque, qui s’inspira des plans de Jean Giral, un maître montpelliérain. Les travaux, débutés en 1739 sous la direction de Jean-Antoine Giral et achevés en 1746, donnèrent naissance à un édifice classique à trois nefs, marqué par une coupole centrale et des absidioles rectangulaires. La décoration intérieure, en marbres polychromes (1746–1754), et l’orgue exceptionnel de Jean-François L’Épine (1758), restauré par Aristide Cavaillé-Coll en 1853, en font un joyau du patrimoine occitan.
L’église, devenue collégiale en 1600, fut inscrite aux monuments historiques en 1935. Son architecture, mêlant rigueur classique et influences baroques, reflète les échanges artistiques entre Avignon, Montpellier et Pézenas. Le clocher, surmonté d’un campanile en fer forgé (1746), et la façade à deux niveaux, illustrent la maîtrise des artisans locaux. Aujourd’hui, elle reste un témoignage majeur de l’histoire religieuse et architecturale du Languedoc.
La collégiale abrite également des éléments hérités de son passé médiéval, comme la chapelle nord dédiée à la Vierge, ornée de marbres fins. Son orgue, comparable à celui de l’église Saint-Roch de Paris, atteste de son rayonnement culturel. Les archives mentionnent aussi le rôle des commandeurs templiers puis hospitaliers dans son évolution, depuis sa fondation jusqu’à sa consécration comme lieu de culte paroissial.