Collégiale Saint-Martin de Champeaux en Seine-et-Marne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Collégiale Eglise gothique

Collégiale Saint-Martin de Champeaux

  • 10-12 Rue du Cloître
  • 77720 Champeaux
Collégiale Saint-Martin de Champeaux
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Crédit photo : GO69 - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1800
1900
2000
1160
Début de la construction
1220-1270
Interruption des travaux
1840
Classement historique
XIXe siècle
Restauration majeure
1946
Fondation des Amis
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Collégiale Saint-Martin : classement par liste de 1840

Personnages clés

Sainte Fare Fondatrice légendaire de l'abbaye initiale, liée à Faremoutiers.
Guillaume de Champeaux Chanoine et figure intellectuelle associée à la collégiale.
Richard Falaise Sculpteur des stalles de la Renaissance en 1522.
L'architecte Louzier Responsable de la restauration à la fin du XIXe siècle.

Origine et histoire de la Collégiale Saint-Martin

La collégiale Saint‑Martin de Champeaux, en Seine‑et‑Marne, remplace une église abbatiale plus ancienne et a accueilli au début du XIIe siècle un chapitre de chanoines séculiers qui succéda aux religieux. Placé sous la protection de l'évêque de Paris, ce chapitre entreprit la construction d'une nouvelle église vers 1160. Longue de 65 mètres, elle figure parmi les plus grandes églises gothiques des XIIe‑XIIIe siècles en Île‑de‑France ; la lenteur du chantier, marquée par une interruption entre 1220 et 1270, explique en partie la sobriété de son architecture. L’édifice se caractérise par l’absence de triforium et par des fenêtres dotées de remplages seulement dans les collatéraux du chœur, sans que cela n’altère la qualité d’exécution : colonnettes monolithiques particulièrement fines et chapiteaux soignés témoignent d’un haut niveau d’artisanat, et la cohérence stylistique générale révèle des influences de Paris et de Sens. Les stalles de la Renaissance et des vitraux remarquables du XVe et du XVIe siècle comptent parmi les réalisations artistiques notables de la région. Entre 1242 et 1790, la collégiale n’eut pas vocation paroissiale et servit exclusivement aux offices des chanoines, qui furent vingt‑trois entre 1208 et 1594, puis revinrent au nombre de douze. La Révolution mit fin à l’existence du chapitre ; la collégiale devint alors église paroissiale, et elle fut classée au titre des monuments historiques sur la liste de 1840. Sa restauration, commencée tardivement à la fin du XIXe siècle, sauva l’imposant édifice d’une ruine imminente ; aujourd’hui l’église est restaurée et conserve sa vocation de lieu de culte au sein du pôle paroissial de Mormant, où des messes dominicales sont célébrées tout au long de l’année.

L’ancêtre de la collégiale fut un monastère — abbaye ou prieuré — que les chroniques attribuent à sainte Fare, qui, par un testament conservé, donna des terres de Champeaux à l’abbaye de Faremoutiers ; les archives de Faremoutiers, détruites par un incendie avant le milieu du XIIe siècle, empêchent toutefois toute certitude complète. Des documents papaux qualifient Champeaux d’abbaye, mais au début du XIIe siècle l’établissement se transforma en chapitre ; un acte de 1133 mentionne un prévôt et un chapitre, et une bulle d’Innocent II en 1138 évoque des prébendes, signe de la collégiale. L’abbaye Saint‑Victor de Paris tenta de faire de Champeaux sa filiale en remplaçant les chanoines séculiers par des réguliers, démarche combattue par le chapitre de Paris et l’évêque. Champeaux formait une exclave du diocèse de Paris au sein de l’archidiocèse de Sens, fonda des filiales comme Fouju et Andrezel et constitua le siège d’un doyenné rural ; le chapitre y exerçait la seigneurie et la justice. En 1162 le chapitre obtint du roi l’affranchissement des serfs sur son territoire et comptait alors douze chanoines ; autour de 1200 il procéda au partage des prébendes pour assurer l’entretien d’un nombre accru de titulaires.

Au début du XIIIe siècle, l’évêque et le pape accordèrent des dispositions sur le nombre des chanoines et la répartition des prébendes ; en 1208 le chapitre obtint que chaque chanoine décédé soit remplacé par deux autres, à l’exception d’un titulaire lié à Saint‑Victor, et c’est alors que la collégiale était déjà en construction, le transept étant achevé et la nef proche de l’achèvement. En 1212 fut institué un chantre pour la collégiale, rémunéré sur les revenus de la prévôté et tenu de résider à Champeaux. Sous la protection royale au XIVe siècle, le chapitre développa des installations (cloître au sud, église paroissiale au nord) et contribua à la prospérité du bourg par l’organisation de foires et la fondation d’établissements hospitaliers, mais les guerres, puis les conflits religieux du XVIe siècle, diminuèrent fortement ses ressources. À la fin du XVIe siècle les nominations furent suspendues jusqu’à ce que le nombre des chanoines revienne à douze ; pendant la Fronde les troupes pillèrent et endommagèrent la collégiale, dispersant archives et mobilier, puis les chanoines entreprirent des réparations et des renouvellements. La Révolution supprima le chapitre en 1790 ; la décision des habitants de faire de la collégiale leur église paroissiale la préserva de la démolition, mais la disparition du chapitre entraîna la perte de la fonction centrale du bourg.

Après la Révolution l’édifice se dégrada ; la sacristie fut supprimée et la mairie installée dans une travée du bas‑côté sud, tandis que des travaux ponctuels furent engagés dès les années 1820. Le classement de 1840 permit des interventions médiocrement coordonnées au milieu du XIXe siècle, puis une campagne de restauration plus systématique eut lieu de 1891 à 1905 sous la direction de l’architecte Louzier, qui remit en état voûtes, grandes fenêtres et éléments du clocher. Au XXe siècle, l’association des Amis de la collégiale, fondée en 1946, mena de nombreuses campagnes de restauration — débadigeonnage des stalles, remise en état de la tour et des contreforts, restauration de vitraux, réparations du portail, réfection des toitures et consolidation des voûtes — permettant la réouverture au public et la reprise d’une programmation culturelle et liturgique soutenue.

Sur le plan architectural, l’église présente un plan symétrique — à l’exception du clocher implanté à gauche de la façade occidentale dont la base sert de sacristie — composé d’une nef de six travées avec bas‑côtés, d’un transept, d’un chœur à chevet plat de cinq travées et d’un déambulatoire rectangulaire de quatre travées dépourvu de chapelles. L’ensemble mesure 65 m de long, 20 m de large au niveau du transept et 15 m de hauteur pour le vaisseau ; les travées de la nef et les premières travées du chœur sont couvertes par des voûtes sexpartites, tandis que bas‑côtés et déambulatoire sont voûtés sur croisées d’ogives simples. L’élévation du vaisseau central se déploie en trois niveaux : grandes arcades, étage intermédiaire percé de petites baies et niveau des fenêtres hautes ; l’église n’offre que deux accès depuis l’extérieur, le portail occidental de la nef et celui du bas‑côté sud.

Extérieurement, la collégiale est largement enclavée dans un parc privé et n’est lisible que depuis la voie publique par sa façade occidentale et, à faible recul, par le bas‑côté sud ; la façade, dominée par un clocher qui culmine à 28 mètres, a été marquée par des aménagements de fortification (meurtrières, chemin de ronde, échauguettes) et par des restaurations en briques, ce qui contribue à son aspect hétérogène et austère, la plupart des sculptures du portail ayant disparu. À l’intérieur, l’homogénéité relative de la nef, bâtie rapidement à la fin du XIIe siècle, coexiste avec la romanité plus affirmée du transept, plus ancien, et avec le chœur plus tardif, où l’on observe une mouluration accrue, un triforium et des fenêtres hautes dédoublées.

Les vitraux, dont l’inventaire ancien signale soixante‑douze panneaux peints, subsistent aujourd’hui surtout par fragments datant de la fin du XVe et du XVIe siècle ; plusieurs d’entre eux, classés, sont considérés comme des pièces remarquables du gothique flamboyant et de la Renaissance et figurent des scènes bibliques, hagiographiques et des donateurs. Le mobilier se distingue par un ensemble exceptionnel de 54 stalles en chêne sculpté par Richard Falaise en 1522, classées en 1902, ornées de miséricordes illustrant notamment le cycle de Job et des scènes de la vie quotidienne ; les dalles funéraires, plaques de fondation et épitaphes, au nombre d’une cinquantaine selon les relevés du XIXe siècle, constituent un ensemble important de l’art funéraire des XIIIe‑XIVe siècles, plusieurs éléments étant classés. Parmi les autres œuvres d’art figurent un grand retable en bois du XVIIe siècle classé, des statues anciennes, une statue polychrome de saint Denis classée et un cycle peint de la Passion classé, ainsi qu’une cloche de 1730 qui échappa aux fontes révolutionnaires.

La collégiale a par ailleurs été liée à plusieurs personnalités ecclésiastiques et intellectuelles, dont Guillaume de Champeaux qui fut chanoine, ainsi qu’à des chanoines devenus prélats ou figures culturelles.

Liens externes