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Collégiale Saint-Martin de Champeaux en Seine-et-Marne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Collégiale Eglise gothique

Collégiale Saint-Martin de Champeaux

  • 10-12 Rue du Cloître
  • 77720 Champeaux
Collégiale Saint-Martin de Champeaux
Collégiale Saint-Martin de Champeaux
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Collégiale Saint-Martin de Champeaux
Collégiale Saint-Martin de Champeaux
Crédit photo : GO69 - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
77720 Champeaux, 10-12 Rue du Cloître

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
634
Testament de sainte Fare
Vers 1160
Début de la construction
1162
Affranchissement des serfs
1208
Augmentation des chanoines
1220-1270
Interruption du chantier
1276
Fondation du Pain du Chapitre
1338
Création de la foire
1405
Fortification de la collégiale
1522
Installation des stalles
1594
Réduction du chapitre
1652
Pillage pendant la Fronde
1790
Dissolution du chapitre
1840
Classement monument historique
1891-1905
Restauration majeure
1999
Tempête endommageant les toitures
2007
Réouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Collégiale Saint-Martin : classement par liste de 1840

Personnages clés

Sainte Fare (600-657) - Fondatrice présumée du prieuré Fille du comte de Meaux, donatrice.
Louis VII (r. 1137-1180) - Roi de France Appuie l’affranchissement des serfs en 1162.
Odon de Sully (évêque 1196-1208) - Évêque de Paris Autorise l’augmentation des chanoines.
Dreux de Saint-Merry (m. 1276) - Chanoine Fonde le Pain du Chapitre.
Richard Falaise - Menuisier parisien Sculpte les stalles en 1522.
Guillaume de Champeaux (1070-1121) - Philosophe et théologien Chanoine, maître d’Abélard.
Antoine de Bar (148?-1547) - Archevêque de Tours Ancien chanoine de Champeaux.
Ferdinand de Guilhermy - Historien du XIXe siècle Inventorie les dalles funéraires.
Auguste Louzier - Architecte en chef Dirige la restauration (1891-1905).

Origine et histoire de la Collégiale Saint-Martin

La collégiale Saint-Martin de Champeaux trouve ses origines dans un prieuré fondé au VIIe siècle, possiblement par sainte Fare (600-657), fille du comte de Meaux. Ce monastère, mentionné dans des chroniques comme abbaye dès le XIe siècle, se transforme en chapitre de chanoines séculiers au début du XIIe siècle sous l’autorité de l’évêque de Paris. La construction de l’actuelle collégiale débute vers 1160, initiée par un chapitre de douze chanoines devenu vingt-trois en 1208. Son chantier, marqué par des interruptions (notamment entre 1220 et 1270), s’étale sur plus d’un siècle, reflétant les difficultés financières et les ambitions architecturales du chapitre.

L’édifice, de style gothique primitif, s’inspire des cathédrales de Paris et Sens, avec une nef à voûtes sexpartites et un chœur achevé seulement au XIVe siècle. Malgré son austérité (absence de triforium, fenêtres simples), la collégiale se distingue par ses dimensions (65 m de long) et la qualité de ses chapiteaux, sculptés de motifs floraux. Les vitraux, datant des XVe et XVIe siècles, et les stalles Renaissance (1522), œuvres du menuisier Richard Falaise, comptent parmi ses joyaux artistiques. La Révolution française dissout le chapitre en 1790, transformant l’église en paroisse et sauvant le bâtiment de la destruction.

Classée monument historique en 1840, la collégiale subit des restaurations majeures à partir de 1891, dirigées par l’architecte Auguste Louzier, qui sauve l’édifice d’une ruine imminente. Les campagnes de restauration se poursuivent tout au long du XXe siècle, avec des interventions sur les voûtes, les vitraux et la façade, souvent menées par des associations locales comme les Amis de la collégiale. Aujourd’hui, le monument conserve sa vocation cultuelle au sein du pôle paroissial de Mormant, tout en accueillant des manifestations culturelles, comme le festival annuel de musique.

L’histoire de la collégiale est aussi marquée par des épisodes violents, comme le pillage par les troupes de Condé pendant la Fronde (1652), où archives, vases sacrés et mobilier furent détruits. Les chanoines, seigneurs de Champeaux, jouèrent un rôle central dans la vie locale, obtenant notamment l’affranchissement des serfs en 1162. Leur déclin au XVIe siècle, dû aux guerres de Religion, réduit leur nombre à douze en 1594. Le bourg de Champeaux, autrefois prospère grâce à sa foire (créée en 1338) et son hôtel-Dieu (1457), perd son statut de chef-lieu avec la Révolution.

Architecturalement, la collégiale présente une nef homogène (1180-1210) contrastant avec un chœur plus tardif (1270-1350), où les influences rayonnantes se mêlent à des éléments archaïques, comme le chevet plat dépourvu de chapelles rayonnantes. Les bas-côtés, voûtés d’arêtes, et le déambulatoire ajouré de baies à remplage, illustrent les adaptations successives du projet initial. Les vitraux, classés monuments historiques, offrent un panorama de l’art verrier flamboyant et Renaissance, avec des scènes bibliques et des donateurs locaux.

Parmi les trésors mobiliers, les 54 stalles du XVIe siècle, classées en 1902, se distinguent par leurs miséricordes sculptées de scènes satiriques ou bibliques (comme l’histoire de Job), tandis que les dalles funéraires des XIIIe et XIVe siècles, classées en 1955, témoignent de la mémoire des chanoines et bienfaiteurs. La collégiale abrite aussi des statues remarquables, comme un saint Denis céphalophore du XIIIe siècle, et un retable baroque classé. Son clocher, inspiré de Notre-Dame de Paris, domine une façade fortifiée au XVe siècle, rappelant les troubles de la guerre de Cent Ans.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours