Fondation de l'oratoire XIe siècle (≈ 1150)
Oratoire initial avec crypte pour les reliques.
XIIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane XIIe siècle (≈ 1250)
Nef actuelle et chevet en demi-cercle.
XIVe siècle
Ajout de la tour-porche
Ajout de la tour-porche XIVe siècle (≈ 1450)
Tour-porche avec rez-de-chaussée en porche.
1569
Incendie par les protestants
Incendie par les protestants 1569 (≈ 1569)
Église laissée à ciel ouvert deux siècles.
début XVIe siècle
Réaménagement du chœur
Réaménagement du chœur début XVIe siècle (≈ 1604)
Séparation nef/chœur par arc doubleau.
2 mars 1912
Classement crypte et porte ouest
Classement crypte et porte ouest 2 mars 1912 (≈ 1912)
Première protection monument historique.
mars 1926
Inscription du reste de l'église
Inscription du reste de l'église mars 1926 (≈ 1926)
Protection étendue à l’édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Crypte et porte Ouest : classement par arrêté du 2 mars 1912 ; Eglise, à l'exception des parties classées (cad. AC 83) : inscription par arrêté du 2 mars 1926
Personnages clés
Saint Martin de Tours - Saint patron et reliques
Reliques abritées dans la crypte.
Philippe Auguste - Roi de France
Commanditaire des remparts de Léré.
Chapitre de Tours - Institution religieuse
Apporta les reliquaires précieux temporairement.
Origine et histoire de la Collégiale Saint-Martin
La collégiale Saint-Martin de Léré trouve ses origines au XIIe siècle, succédant à un oratoire du XIe siècle doté d’une crypte. Cet oratoire, dépendant de Saint-Martin de Tours, servit de refuge aux reliques de Saint Martin lors des invasions normandes. Sa renommée grandit grâce à la préservation temporaire des reliquaires précieux apportés par le Chapitre de Tours. Au fil des siècles, un chapitre autonome de 12 prêtres s’y établit, développant un enseignement réputé jusqu’à la Révolution, ce qui explique l’importance disproportionnée de l’édifice par rapport à la taille modeste de Léré, alors simple port fluvial protégé par des remparts construits sous Philippe Auguste.
L’architecture de la collégiale mêle des éléments roman et gothique. La nef, d’origine romane (XIIe siècle), est dépourvue de transept et précédée d’une tour-porche du XIVe siècle, agrémentée plus tard d’une porte gothique. La façade ouest conserve une porte romane contemporaine du chœur et du chevet. En 1569, l’église fut incendiée par les protestants, restant à ciel ouvert pendant deux siècles faute de moyens pour sa restauration. La crypte, composée de trois nefs voûtées en arêtes, et la porte ouest furent classées monuments historiques en 1912, tandis que le reste de l’édifice fut inscrit en 1926.
La collégiale illustre les transformations architecturales et religieuses survenues entre le Moyen Âge et l’époque moderne. Initialement simple oratoire, elle devint un lieu d’enseignement et de préservation de reliques, reflétant l’influence de Saint-Martin de Tours dans la région. Les modifications successives, comme l’ajout de baies au XVIe siècle ou la reconstruction partielle de la tour, témoignent des adaptations liées aux besoins liturgiques et aux aléas historiques, notamment les conflits religieux du XVIe siècle.