Frise chronologique
997
Origines du domaine de Montmorency
Origines du domaine de Montmorency
997 (≈ 997)
Échange entre Bouchard le Barbu et le roi Robert.
1124
Fondation de la collégiale
Fondation de la collégiale
1124 (≈ 1124)
Création par Mathieu Ier de Montmorency.
1515
Début de la construction actuelle
Début de la construction actuelle
1515 (≈ 1515)
Lancement sous Guillaume de Montmorency.
1531
Achèvement du chœur
Achèvement du chœur
1531 (≈ 1531)
Fin de la première campagne de travaux.
1557
Reprise des travaux
Reprise des travaux
1557 (≈ 1557)
Anne de Montmorency relance la construction.
1631
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1631 (≈ 1631)
Ouverture au culte paroissial par Henri II.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments classés en France.
1881-1887
Restauration par Lucien Magne
Restauration par Lucien Magne
1881-1887 (≈ 1884)
Travaux sur les vitraux et l’architecture.
1892-1909
Achèvement du clocher
Achèvement du clocher
1892-1909 (≈ 1901)
Construction selon les plans néogothiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Mathieu Ier de Montmorency - Fondateur de la collégiale |
Crée l’édifice original au XIIe siècle. |
| Guillaume de Montmorency - Commanditaire de la reconstruction |
Lance les travaux en 1515. |
| Anne de Montmorency - Connétable et mécène |
Relance la construction en 1557. |
| Jean Bullant - Architecte de la nef |
Conçoit l’intérieur et le mausolée. |
| Lucien Magne - Restaurateur du XIXe siècle |
Dirige les travaux de 1881 à 1887. |
| Engrand Leprince - Maître verrier |
Auteur du vitrail no 8. |
Origine et histoire
La collégiale Saint-Martin de Montmorency, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est une ancienne collégiale de style gothique flamboyant construite au XVIe siècle. Elle domine la vallée de Montmorency depuis un éperon rocheux et se distingue par son architecture sobre et harmonieuse, conçue comme lieu de sépulture pour la famille de Montmorency. Ses quatorze vitraux Renaissance, parmi les plus remarquables de France, en font un monument d’exception.
Les origines de la collégiale remontent au XIIe siècle, lorsque Mathieu Ier de Montmorency fonde le prieuré de Bois-Saint-Père et la collégiale Saint-Martin. La construction de l’édifice actuel débute en 1515 sous Guillaume de Montmorency, avec l’achèvement du chœur et du portail septentrional en 1531. Anne de Montmorency, fils de Guillaume, reprend les travaux en 1557, en insistant sur la continuité du style gothique flamboyant malgré l’émergence de la Renaissance.
La collégiale devient église paroissiale en 1631, un an avant l’exécution d’Henri II de Montmorency. Après la Révolution, elle perd ses tombeaux et son mobilier, mais est classée monument historique dès 1840. Les restaurations du XIXe siècle, menées par Lucien Magne, redonnent éclat à ses vitraux et à son architecture. Aujourd’hui, elle accueille les fidèles catholiques de Montmorency et relève du diocèse de Pontoise.
Les vitraux du XVIe siècle, offerts par les Montmorency et leur entourage, forment une galerie de portraits familiaux et de scènes religieuses. Parmi les plus notables, le vitrail des Alérions (no 11) est considéré comme un chef-d’œuvre de la Renaissance. Les vitraux des collatéraux, plus larges, représentent des donateurs agenouillés devant des scènes bibliques ou hagiographiques.
L’intérieur de la collégiale, conçu par Jean Bullant, impressionne par ses colonnes massives et ses voûtes à liernes et tiercerons. L’absence de fenêtres hautes crée une atmosphère de pénombre, propice à sa vocation funéraire. Le mausolée d’Anne de Montmorency, démantelé à la Révolution, était un chef-d’œuvre inachevé dont des fragments sont aujourd’hui conservés au Louvre.
La collégiale abrite également des souvenirs de la colonie polonaise du XIXe siècle, comme les cénotaphes des généraux Kniaziewicz et Niemcewicz. Son bénitier, une vasque de marbre du château de la Barre, et ses stalles du XVIe siècle complètent un mobilier riche et varié, témoin de son histoire mouvementée.