Frise chronologique
1240-1270
Construction initiale
Construction initiale
1240-1270 (≈ 1255)
Édification comme église-forteresse de style roman.
13 février 1318
Élévation en collégiale
Élévation en collégiale
13 février 1318 (≈ 1318)
Création par le pape Jean XXII.
1355
Destruction partielle
Destruction partielle
1355 (≈ 1355)
Incendie par le Prince Noir.
1702
Exhaussement du clocher
Exhaussement du clocher
1702 (≈ 1702)
Ajout de deux étages supplémentaires.
XIVe-XIXe siècles
Remaniments majeurs
Remaniments majeurs
XIVe-XIXe siècles (≈ 1865)
Transformation en style gothique et néo-gothique.
18 octobre 1910
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 octobre 1910 (≈ 1910)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Michel : classement par arrêté du 18 octobre 1910
Personnages clés
| Jean XXII - Pape (1316-1334) |
Éleva l'église en collégiale en 1318. |
| Prince Noir - Chef militaire anglais |
Détruisit partiellement l'église en 1355. |
| Grégoire Balmet - Carillonneur |
Employé par la collégiale en 1790. |
| Jean-Pierre Cavaillé - Facteur d'orgues |
Conçut le buffet d'orgue (XVIIIe siècle). |
Origine et histoire
La collégiale Saint-Michel de Castelnaudary, située dans le département de l'Aude, est un édifice dont la construction initiale remonte à 1240-1270, conçue comme une église-forteresse de style roman. Elle fut élevée au rang de collégiale en 1318 par le pape Jean XXII, dans le cadre de la création de l’évêché de Saint-Papoul, pour contrer les ambitions de l’évêque de Toulouse. Partiellement détruite en 1355 par le Prince Noir, elle fut reconstruite et profondément remaniée aux XIVe, XVe, XVIIIe et XIXe siècles, adoptant un style gothique marqué par une nef à charpente lambrissée, un chœur voûté d’ogives et une flèche pyramidale culminant à 50 mètres.
Le monument abrite un carillon de 35 cloches, l’un des plus importants de France, déjà présent à la Révolution française, comme en témoigne l’emploi du carillonneur Grégoire Balmet en 1790. Au XVIIIe siècle, le chapitre de la collégiale, plus riche que celui de la cathédrale de Saint-Papoul, comptait 32 prébendés et entretenait une formation musicale incluant organiste et enfants de chœur. Le buffet d’orgue, œuvre de Jean-Pierre Cavaillé, date de cette période. Classée Monument Historique en 1910, l’église a subi des restaurations successives, notamment au XIXe siècle, où des éléments néo-gothiques furent ajoutés, comme des lucarnes, des roses ou une tribune intérieure.
La nef, composée de sept travées dont six couvertes d’une charpente sur arcs diaphragmes et une septième voûtée d’ogives, s’accompagne de chapelles latérales entre les contreforts. Le chœur, plus étroit, comprend une travée droite et une abside à sept pans, également voûtés. La sacristie, ancienne salle capitulaire, donne sur un cloître aujourd’hui disparu. Le clocher, érigé sur un porche ouvert, fut exhaussé en 1702, tandis que des travaux majeurs aux XVIIIe et XIXe siècles modifièrent son apparence, incluant la reconstruction des étages supérieurs et l’ajout d’une crête en terre cuite vernissée. Les chapiteaux à feuillages et les colonnes engagées des archivoltes rappellent le style gothique méridional.
Les guerres de Religion et un long abandon endommagèrent l’édifice, nécessitant des réparations ultérieures : les charpentes et le clocher, en ruine, furent restaurés, et des voûtes en bois hourdé remplacèrent partiellement la charpente apparente. Au XIXe siècle, des interventions néo-gothiques transformèrent les fenêtres, ajoutèrent des roses et une porte ouest, tandis qu’à l’intérieur, les bases des arcs diaphragmes furent modifiées pour installer un chemin de croix. Une fausse voûte d’ogives fut érigée en 1865, et les chapelles uniformisées en style gothique en 1875.
Mentionnée dès 1242 dans une transaction, l’église devint paroissiale en 1295 avant son élévation en collégiale en 1318. Son histoire reflète les tensions politiques et religieuses de la région, entre royaume de France et influences toulousaines. Le cloître, détruit en 1786, et les campagnes de restauration ultérieures (classement en 1910) soulignent son importance patrimoniale. Aujourd’hui, la collégiale reste un témoignage majeur de l’architecture religieuse méridionale, mêlant héritage roman, gothique et transformations modernes.