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Collégiale Saint-Michel de Castelnaudary dans l'Aude

Patrimoine classé Patrimoine religieux Collégiale Eglise gothique

Collégiale Saint-Michel de Castelnaudary

    17 Rue du Collège
    11400 Castelnaudary
Propriété de la commune
Collégiale Saint-Michel de Castelnaudary
Collégiale Saint-Michel de Castelnaudary
Collégiale Saint-Michel de Castelnaudary
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Collégiale Saint-Michel de Castelnaudary
Crédit photo : Symac / Sylvain Machefert - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1240-1270
Construction initiale
13 février 1318
Élévation en collégiale
1355
Destruction partielle
1702
Exhaussement du clocher
XIVe-XIXe siècles
Remaniments majeurs
18 octobre 1910
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise Saint-Michel : classement par arrêté du 18 octobre 1910

Personnages clés

Jean XXII - Pape (1316-1334) Éleva l'église en collégiale en 1318.
Prince Noir - Chef militaire anglais Détruisit partiellement l'église en 1355.
Grégoire Balmet - Carillonneur Employé par la collégiale en 1790.
Jean-Pierre Cavaillé - Facteur d'orgues Conçut le buffet d'orgue (XVIIIe siècle).

Origine et histoire

La collégiale Saint-Michel de Castelnaudary, située dans le département de l'Aude, est un édifice dont la construction initiale remonte à 1240-1270, conçue comme une église-forteresse de style roman. Elle fut élevée au rang de collégiale en 1318 par le pape Jean XXII, dans le cadre de la création de l’évêché de Saint-Papoul, pour contrer les ambitions de l’évêque de Toulouse. Partiellement détruite en 1355 par le Prince Noir, elle fut reconstruite et profondément remaniée aux XIVe, XVe, XVIIIe et XIXe siècles, adoptant un style gothique marqué par une nef à charpente lambrissée, un chœur voûté d’ogives et une flèche pyramidale culminant à 50 mètres.

Le monument abrite un carillon de 35 cloches, l’un des plus importants de France, déjà présent à la Révolution française, comme en témoigne l’emploi du carillonneur Grégoire Balmet en 1790. Au XVIIIe siècle, le chapitre de la collégiale, plus riche que celui de la cathédrale de Saint-Papoul, comptait 32 prébendés et entretenait une formation musicale incluant organiste et enfants de chœur. Le buffet d’orgue, œuvre de Jean-Pierre Cavaillé, date de cette période. Classée Monument Historique en 1910, l’église a subi des restaurations successives, notamment au XIXe siècle, où des éléments néo-gothiques furent ajoutés, comme des lucarnes, des roses ou une tribune intérieure.

La nef, composée de sept travées dont six couvertes d’une charpente sur arcs diaphragmes et une septième voûtée d’ogives, s’accompagne de chapelles latérales entre les contreforts. Le chœur, plus étroit, comprend une travée droite et une abside à sept pans, également voûtés. La sacristie, ancienne salle capitulaire, donne sur un cloître aujourd’hui disparu. Le clocher, érigé sur un porche ouvert, fut exhaussé en 1702, tandis que des travaux majeurs aux XVIIIe et XIXe siècles modifièrent son apparence, incluant la reconstruction des étages supérieurs et l’ajout d’une crête en terre cuite vernissée. Les chapiteaux à feuillages et les colonnes engagées des archivoltes rappellent le style gothique méridional.

Les guerres de Religion et un long abandon endommagèrent l’édifice, nécessitant des réparations ultérieures : les charpentes et le clocher, en ruine, furent restaurés, et des voûtes en bois hourdé remplacèrent partiellement la charpente apparente. Au XIXe siècle, des interventions néo-gothiques transformèrent les fenêtres, ajoutèrent des roses et une porte ouest, tandis qu’à l’intérieur, les bases des arcs diaphragmes furent modifiées pour installer un chemin de croix. Une fausse voûte d’ogives fut érigée en 1865, et les chapelles uniformisées en style gothique en 1875.

Mentionnée dès 1242 dans une transaction, l’église devint paroissiale en 1295 avant son élévation en collégiale en 1318. Son histoire reflète les tensions politiques et religieuses de la région, entre royaume de France et influences toulousaines. Le cloître, détruit en 1786, et les campagnes de restauration ultérieures (classement en 1910) soulignent son importance patrimoniale. Aujourd’hui, la collégiale reste un témoignage majeur de l’architecture religieuse méridionale, mêlant héritage roman, gothique et transformations modernes.

Liens externes