Origine et histoire de la Collégiale Saint-Paul
La collégiale Saint-Paul de Clermont-l'Hérault a été construite entre le dernier quart du XIIIe siècle et le premier quart du XIVe siècle, sur l’emplacement d’une église antérieure dont certains éléments, comme un tympan sculpté d’une Crucifixion, ont été réutilisés. En 1275, il fut décidé de réunir les trois paroisses de la ville (Saint-Étienne de Roujas, Saint-Étienne de Gorjan et Saint-Paul) en une seule, rendant nécessaire la reconstruction de l’église Saint-Paul, agrandie pour accueillir les fidèles. Les travaux débutèrent en 1276, avec une nef de trois travées et deux collatéraux, tout en conservant l’abside d’origine, surélevée et flanquée de deux absidioles. L’édifice fut inauguré en 1313, marquant la première phase de sa construction.
Quelques années après 1313, la nef fut allongée de trois nouvelles travées, et des chapelles latérales furent ajoutées le long des bas-côtés, modifiant ainsi le plan initial. La façade occidentale et l’abside furent fortifiées dans la seconde moitié du XIVe siècle, avec l’ajout d’une galerie à mâchicoulis, reflétant les tensions liées à la guerre de Cent Ans. En 1368, l’achèvement des tourelles pentagonales encadrant la façade coïncide avec la visite de l’archevêque de Narbonne, soulignant l’importance stratégique et religieuse du bâtiment. La rosace monumentale de 8 mètres de diamètre, en grès, fut construite entre 1427 et 1441, ajoutant une dimension artistique majeure à l’édifice.
Au XVIe siècle, pendant les guerres de Religion, l’église fut transformée en citadelle par les Calvinistes, qui surélevèrent les voûtes avec des murailles défensives. La rosace et la façade furent restaurées à plusieurs reprises, notamment en 1850 et entre 1949 et 1953. En 1769, un étage campanaire fut ajouté à la tour nord, et le grand portail occidental fut construit en 1772. Classée monument historique dès 1840, la collégiale abrite également des œuvres notables, comme les vitraux d’Eugène-Stanislas Oudinot (abside, 1880-1881) et de Francis Chigot (rosace, 1951), ainsi que des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles.
L’histoire de ses orgues illustre les évolutions liturgiques et artistiques du lieu. Un premier orgue, acheté d’occasion en 1835 et installé par le facteur André Laffon, fut remplacé en 1894 par un orgue Cavaillé-Coll provenant de la cathédrale de Nîmes. Après des décennies de modifications et de démontages, l’orgue historique fut finalement restauré et réinstallé en 1998, retrouvant sa place sur une tribune reconstruite. Ces transformations reflètent l’adaptation constante de l’édifice aux besoins cultuels et culturels de la communauté.
Les cloches et le beffroi, restauré en 2007, ainsi que les éléments défensifs encore visibles (mâchicoulis, créneaux), témoignent du double rôle de la collégiale : lieu de culte et forteresse. Son architecture, mêlant gothique méridional et adaptations militaires, en fait un monument emblématique de l’histoire médiévale et moderne de Clermont-l’Hérault, marqué par les conflits religieux et les évolutions urbaines.