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Collégiale Saint-Pierre du Dorat au Dorat en Haute-Vienne

Patrimoine classé Eglise fortifiée Collégiale Eglise romane

Collégiale Saint-Pierre du Dorat

    Le Bourg87210 Le Dorat

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1800
1900
2000
866
Destruction par les Normands
980
Fondation du chapitre
1063
Consécration d'une nouvelle église
1130
Translation des reliques
1482
Protection royale de Louis XI
1846
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Boson Ier (dit le Vieux) - Comte de la Marche Fonda le chapitre de vingt chanoines.
Esther Foucault - Doyen du chapitre Mentionné en 987 parmi les chanoines.
Legros - Tailleur de pierre Sculpta les sarcophages des saints en 1130.
Louis XI - Roi de France Confirma les privilèges en 1482.
Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d'orgues Orgue de chœur installé en 1876.

Origine et histoire de la Collégiale Saint-Pierre

La collégiale Saint-Pierre du Dorat, située dans la ville du même nom en Haute-Vienne, est une ancienne collégiale romane de 77 mètres de long, construite en granite gris. Son plan en croix latine et sa fortification au XVe siècle lui confèrent un aspect massif. Classée monument historique en 1846, elle est marquée par une histoire mouvementée, incluant des destructions par les Normands en 866 et plusieurs incendies entre le Xe et XIe siècles.

L’église actuelle trouve ses origines au XIe siècle, avec la consécration d’une nouvelle église en 1063, suivie de nombreux travaux jusqu’au XIIe siècle. En 1130, les reliques de saint Israël et saint Théobald y furent transférées solennellement dans la crypte, où deux sarcophages de granit les abritent encore. La construction de la nef, de la façade et du clocher du transept s’acheva vers 1170. La collégiale fut protégée par Louis XI en 1482, et ses ostensions, intégrées aux ostensions limousines, furent autorisées en 1659.

L’architecture de la collégiale mêle influences romanes et pré-gothiques. La tour de défense du XVe siècle, la tour-lanterne octogonale culminant à 26,60 mètres, et le portail ouest à lobes mozarabes en sont des éléments marquants. La nef, haute de 17 mètres, est voûtée en berceau brisé, tandis que le chœur, surélevé et orné de chapiteaux sculptés, abrite un déambulatoire et trois chapelles rayonnantes. La crypte du XIe siècle, dédiée à sainte Anne, conserve des traces des premières fondations.

Le mobilier inclut une cuve baptismale carolingienne en granit rose, sculptée de lions symboliques, et un orgue de Cavaillé-Coll offert en 1876. Les châsses des saints Israël et Théobald, en bois doré du XVIIe siècle, reposent sur des stèles de granit. Les vitraux, installés entre 1870 et 1885, ainsi que les quinze stations du chemin de croix en terre cuite (1962), complètent ce patrimoine artistique.

La collégiale fut également un lieu de pouvoir religieux et politique. Boson Ier, comte de la Marche, y installa un chapitre de vingt chanoines vers 980. Les conflits avec les seigneurs locaux, comme Étienne de Muret en 1013, et les privilèges royaux confirmés par Louis XI en 1482 soulignent son importance historique. Les ostensions septennales, suspendues uniquement en 1799, perpétuent encore aujourd’hui son rôle spirituel dans la région.

Liens externes

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