Origine et histoire de la Collégiale Saint-Pierre
La collégiale Saint-Pierre du Dorat, située dans la ville du même nom en Haute-Vienne, est une ancienne collégiale romane de 77 mètres de long, construite en granite gris. Son plan en croix latine et sa fortification au XVe siècle lui confèrent un aspect massif. Classée monument historique en 1846, elle est marquée par une histoire mouvementée, incluant des destructions par les Normands en 866 et plusieurs incendies entre le Xe et XIe siècles.
L’église actuelle trouve ses origines au XIe siècle, avec la consécration d’une nouvelle église en 1063, suivie de nombreux travaux jusqu’au XIIe siècle. En 1130, les reliques de saint Israël et saint Théobald y furent transférées solennellement dans la crypte, où deux sarcophages de granit les abritent encore. La construction de la nef, de la façade et du clocher du transept s’acheva vers 1170. La collégiale fut protégée par Louis XI en 1482, et ses ostensions, intégrées aux ostensions limousines, furent autorisées en 1659.
L’architecture de la collégiale mêle influences romanes et pré-gothiques. La tour de défense du XVe siècle, la tour-lanterne octogonale culminant à 26,60 mètres, et le portail ouest à lobes mozarabes en sont des éléments marquants. La nef, haute de 17 mètres, est voûtée en berceau brisé, tandis que le chœur, surélevé et orné de chapiteaux sculptés, abrite un déambulatoire et trois chapelles rayonnantes. La crypte du XIe siècle, dédiée à sainte Anne, conserve des traces des premières fondations.
Le mobilier inclut une cuve baptismale carolingienne en granit rose, sculptée de lions symboliques, et un orgue de Cavaillé-Coll offert en 1876. Les châsses des saints Israël et Théobald, en bois doré du XVIIe siècle, reposent sur des stèles de granit. Les vitraux, installés entre 1870 et 1885, ainsi que les quinze stations du chemin de croix en terre cuite (1962), complètent ce patrimoine artistique.
La collégiale fut également un lieu de pouvoir religieux et politique. Boson Ier, comte de la Marche, y installa un chapitre de vingt chanoines vers 980. Les conflits avec les seigneurs locaux, comme Étienne de Muret en 1013, et les privilèges royaux confirmés par Louis XI en 1482 soulignent son importance historique. Les ostensions septennales, suspendues uniquement en 1799, perpétuent encore aujourd’hui son rôle spirituel dans la région.