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Collégiale Saint-Salvi d'Albi dans le Tarn

Patrimoine classé Patrimoine religieux Collégiale Eglise romane et gothique

Collégiale Saint-Salvi d'Albi

  • Rue Mariès
  • 81990 Albi
81000 Albi, Rue Mariès

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe siècle (vers 574–584)
Fondation légendaire
1057
Début du chantier roman
1120
Achèvement de la nef
XIIIe siècle (1240)
Surélévation du clocher
1490
Consécration du nouvel autel
1790
Dissolution du chapitre
1846
Classement monument historique
2010
Classement UNESCO
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Salvi (Salvius d'Albi) - Premier évêque légendaire d'Albi Fondateur présumé, inhumé dans la collégiale (VIe siècle).
Guilhem Peyre - Évêque d'Albi (fin XIIe siècle) Rétablit l’autonomie de la collégiale face à la cathédrale.
Bernard de Castanet - Évêque et inquisiteur (XIIIe siècle) Affaiblit la collégiale au profit de Sainte-Cécile.
Antoine de Metge - Prévôt (1717–1749) Modernise l’intérieur et commande l’orgue.
Camille Bodin-Legendre - Architecte-restaurateur (XIXe siècle) Disciple de Viollet-le-Duc, restaure controversément l’édifice.
Jean-Louis Biget - Historien contemporain Spécialiste de l’architecture albigeoise, source majeure d’analyse.

Origine et histoire de la Collégiale Saint-Salvi

La collégiale Saint-Salvi d'Albi, située dans le Tarn en Occitanie, est un édifice religieux aux styles architecturaux mêlés, reflétant sept siècles de construction. Fondée sur un site lié à saint Salvi, membre de la famille Desiderii-Salvii au VIe siècle, elle devient un lieu de sépulture pour les évêques d'Albi jusqu’au XIIIe siècle. Son aspect hétéroclite résulte de l’alternance de périodes fastes et difficiles, avec des parties romanes en pierre et des ajouts gothiques en brique rouge.

Le chantier débute vers 1057, marqué par la réforme grégorienne et la construction de la tour nord, initialement isolée puis intégrée à l’édifice. Cette tour, dotée d’une gachole (tourelle de guet), servait aussi à la défense de la ville. Les absidioles et le portail ouest, typiques de l’art roman albigeois avec leurs arcs outrepassés, datent du XIIe siècle. Les chapiteaux sculptés, inspirés de l’école toulousaine, ornent les entrées, tandis que la nef, longue de 67 mètres, est achevée vers 1120.

Au XIIIe siècle, la collégiale bénéficie d’un apogée économique lié à la croisade des Albigeois, acquérant 29 paroisses. La tour nord est surélevée en brique, et un cloître trapézoïdal, mêlant roman et gothique, est construit. Cependant, les conflits avec le chapitre cathédral et les guerres de Religion affaiblissent son influence. Au XVe siècle, la culture du pastel enrichit Albi, permettant la rehausse des voûtes en style flamboyant et l’ajout d’arcs-boutants.

La Révolution dissout le chapitre des chanoines en 1790, transformant la collégiale en dépôt militaire puis en projet avorté de marché couvert. Classée monument historique en 1846, elle subit des restaurations controversées au XIXe siècle, comme le grattage des enduits colorés par Camille Bodin-Legendre, disciple de Viollet-le-Duc. Les fouilles archéologiques (XIXe–XXe siècles) révèlent une nécropole mérovingienne et des sarcophages médiévaux, confirmant l’ancienne vocation funéraire du site.

Au XXIe siècle, la collégiale conserve un mobilier remarquable, dont des statues médiévales en bois polychrome et un orgue dont le buffet date du XVIIIe siècle. Son cloître, classé en 1922, et ses abords font partie de la cité épiscopale d’Albi, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010. Des restaurations récentes, comme celle de l’orgue (2021), perpétuent son héritage culturel et historique.

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