Collégiale Saint-Sauveur de Metz en Moselle

Patrimoine classé Patrimoine religieux Collégiale

Collégiale Saint-Sauveur de Metz

  • 6 Rue du Petit-Paris
  • 57000 Metz
Collégiale Saint-Sauveur de Metz
Collégiale Saint-Sauveur de Metz
Propriété privée

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
882
Première mention
1049
Fondation du chapitre
1137
Travaux et dons
1565
Destruction partielle
1791
Sécularisation
1929
Protection historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Cloître (restes) et salle capitulaire (restes) : inscription par arrêté du 9 décembre 1929

Personnages clés

Wala Évêque inhumé en 882, associé à la construction initiale.
Adalbéron III Évêque fondateur du chapitre de chanoines et mécène de travaux.
Étienne de Bar Évêque ayant fait des dons pour des réparations et travaux.
François de Beaucaire Évêque ayant réduit le nombre de prébendes en 1565.
Pie II Pape dont les armes figurent sur la clé de voûte de la salle capitulaire.

Origine et histoire de la Collégiale Saint-Sauveur

La collégiale Saint-Sauveur de Metz, en Moselle, comprenait une église, un cloître et des chapelles. Elle se trouvait dans le quartier de l’Ancienne Ville, à l’angle des rues Ladoucette et du Petit-Paris, sur l’ancienne place Saint-Jacques. L’église est mentionnée pour la première fois en 882, lors de l’inhumation de l’évêque Wala, tué au cours de combats contre les Vikings à Remich, qui y aurait fait construire une église ou une chapelle en bordure du forum. Sous l’épiscopat d’Adalbéron III (1047-1072) apparaît un chapitre de chanoines que l’évêque se dit fondateur dans une charte non datée; le chapitre est cité dans une bulle de Léon IX du 11 octobre 1049. Des travaux attribués à Adalbéron III sont mentionnés dans une charte d’Étienne de Bar de 1137, qui indique aussi que cet évêque donna les églises Saint-Jacques, Sainte-Marie et celle de Pange pour permettre des réparations, et que lui-même fut inhumé à Saint-Sauveur selon deux chartes de 1140 et 1144. Les Bénédictins rapportent qu’Adalbéron III aurait fait construire trois chapelles du cloître, dédiées à Notre-Dame, saint Nicolas et sainte Catherine. Les biens et droits du chapitre sont consignés dans une bulle d’Urbain II de 1096, mais ces dotations se révélèrent insuffisantes pour l’entretien, si l’on en croit Étienne de Bar. En 1154, le légat du pape réduisit le nombre de chanoines à vingt en raison des ressources insuffisantes, et le 19 janvier 1565 l’évêque François de Beaucaire ramena le nombre de prébendes de vingt à douze. En février 1565, le capitaine de la citadelle demanda la destruction de la collégiale et de l’église Saint-Jacques voisines pour y installer de l’artillerie; les travaux de démolition commencèrent aussitôt. En réponse, le chapitre sollicita le 27 avril 1567 une aide de 400 livres tournois pour transformer une chapelle du cloître et édifier un clocher-perdu en remplacement de l’église détruite; l’église citée aux XVIIe et XVIIIe siècles était alors une ancienne chapelle aménagée sur les trois dernières travées de la galerie est du cloître et décrite en 1565 comme « presque aussi spacieuse que l’église ». La démolition ouvrit un conflit entre la ville et le chapitre sur la propriété de la place libérée; le terrain prit le nom de place Saint-Jacques et la ville reçut 200 livres pour déblayer les ruines et permettre aux chanoines d’édifier des boutiques le long du cloître et de l’église. Une fontaine fut installée au centre de la place en 1610, la place fut pavée en 1700, la fontaine démontée en 1730 et la place dégagée ultérieurement à la demande du lieutenant du roi pour des manœuvres militaires. En 1738, le comte de Belle-Isle proposa d’agrandir la place en échangeant le cloître, l’église et les maisons canoniales contre une agrégation du chapitre avec celui de la cathédrale, proposition rejetée par les deux chapitres; une nouvelle tentative de démolition de l’îlot Saint-Sauveur en 1750 échoua. Après l’approbation de la Constitution civile du clergé, les chanoines poursuivirent leurs offices avec l’accord du district jusqu’en janvier 1791; la commune se fit attribuer l’église, le cloître et le jardin le 5 avril. Les maisons et boutiques attenantes furent ensuite acquises, les cloches et objets de culte enlevés, et les orgues, stalles et boiseries vendus aux enchères le 7 février 1792; la municipalité désacralisa les lieux et y ouvrit un marché de viande, la boucherie Saint-Sauveur. La démolition du clocher fut adjugée le 25 janvier 1794, la plupart des dépendances furent vendues pendant l’an IV, et l’église fut vendue en deux lots le 30 octobre 1800 puis remise en adjudication le 27 décembre 1802 après l’inexécution du premier adjudicataire; les parcelles furent par la suite soumises au plan d’alignement de la ville. Il subsistait, accessible au 6 de la rue du Petit-Paris, l’ancienne salle du chapitre ou chapelle construite sur la galerie ouest du cloître au XVe siècle; sa clé de voûte porte les armes du pape Pie II (1458-1464). Cet édifice servit de dépôt d’épicerie en 1859, puis de brasserie-restaurant nommé Klosterhof entre 1893 et 1909, de dépôt en 1933, devint un café-bar, et fut détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Les vestiges du cloître et de la salle capitulaire ont été inscrits au titre des monuments historiques le 9 décembre 1929.

Liens externes