Origine et histoire de la Collégiale Saint-Vincent
La collégiale Saint-Vincent de Montréal, située dans le département de l'Aude en Occitanie, trouve ses origines au XIIIe siècle. En 1269, deux paroisses coexistaient : Sainte-Marie de l'Amandier hors des murs et Saint-Vincent dans l'enceinte fortifiée. Dès 1273, les paroissiens obtiennent de Philippe III le droit d'agrandir leur église, grâce à la remise des censives royales sur les maisons adjacentes. Cette initiative reflète l'importance croissante de la communauté religieuse locale, soutenue par les autorités royales après le traité de Meaux (1229), qui avait fait de Montréal une châtellenie royale.
En 1317, le pape Jean XXII érige l'église Saint-Vincent en collégiale, marquant son statut prestigieux. La construction, menée rapidement, aboutit à un édifice remarquable, classé monument historique dès 1862. Le chapitre, richement doté, finance des aménagements majeurs : le chœur, les chapelles latérales, la tour octogonale et le porche sud sculpté. Au XVIe siècle, la tour est exhaussée pour accueillir une cloche acquise en 1588. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient l'installation de 66 stalles en bois sculpté dans le chœur, ainsi que la construction d'une nouvelle sacristie en 1763.
L'architecture de la collégiale allie des éléments défensifs et religieux. La nef unique, bordée de treize chapelles, est éclairée par des fenêtres étroites, tandis que le chevet polygonal, partiellement masqué par la sacristie, abrite un chœur voûté d'ogives. Le portail méridional, précédé d'un escalier, présente un gâble sculpté cachant une rosace. À l'intérieur, les murs sont ornés de motifs peints du XIXe siècle, et la tribune d'orgues domine la première travée. Les tableaux de Jean-Baptiste Despax et Jacques Gamelin, datant des XVIIe et XVIIIe siècles, illustrent des scènes religieuses et embellissent les chapelles.
La collégiale incarne l'évolution spirituelle et architecturale de Montréal, depuis son rôle paroissial médiéval jusqu'à son apogée comme collégiale. Son classement précoce en 1862 souligne sa valeur patrimoniale, tandis que ses transformations successives (voûtement de la nef en 1783, décors intérieurs) témoignent de son adaptation aux besoins liturgiques et esthétiques des époques ultérieures. Aujourd'hui, elle reste un symbole du riche passé religieux et artistique de l'Occitanie.