Frise chronologique
IXe siècle
Fondation carolingienne
Fondation carolingienne
IXe siècle (≈ 950)
Création par Ebbon, archevêque de Reims.
1604
Interdit religieux
Interdit religieux
1604 (≈ 1604)
Placée sous interdit par l'archevêque de Reims.
1775
Reconstruction de la façade
Reconstruction de la façade
1775 (≈ 1775)
Façade XVIIIe avec clocher octogonal.
1790
Érection en doyenné
Érection en doyenné
1790 (≈ 1790)
Braux devient doyenné avant le Concordat.
23 août 1963
Classement monument historique
Classement monument historique
23 août 1963 (≈ 1963)
Inscription avec sa crypte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Braux, y compris la crypte (cad. 236) : inscription par arrêté du 23 août 1963
Personnages clés
| Ebbon - Archevêque de Reims |
Fonda la collégiale au IXe siècle. |
| Hincmar - Archevêque de Reims, successeur d'Ebbon |
Dota l'église d'un chapitre de chanoines. |
| Étienne Cagniart - Prévôt du chapitre (XVIIe siècle) |
Devenu curé de Charleville en 1677. |
| Pierre-Louis-Hector de Singly - Dernier prévôt (1789) |
Nommé avec onze chanoines avant la Révolution. |
Origine et histoire
La collégiale Saint-Vivent de Braux, initialement dédiée à saint Pierre, fut fondée au IXe siècle par Ebbon, archevêque de Reims, qui y déposa les reliques de saint Vivent (9e évêque de Reims) et de saint Panteleon, martyr du IIIe siècle. Ces reliques, réputées miraculeuses, attirèrent des pèlerins et éclipserent le nom originel de l’église, désormais associée à saint Vivent. Le successeur d’Ebbon, Hincmar, acheva les travaux et y installa un chapitre de douze chanoines. L’édifice, d’abord carolingien, fut profondément remanié : la nef et les bas-côtés datent des XVIe-XVIIe siècles, tandis que la façade XVIIIe (reconstruite en 1775) intègre un clocher octogonal sur base carrée.
Au XVIIe siècle, sous la principauté protestante de Château-Regnault, l’église fut placée sous interdit par l’archevêque de Reims, qui y envoya son coadjuteur. Malgré cette tension, le monument conserva son rôle religieux jusqu’à la Révolution, desservi par un chanoine. En 1790, Braux fut érigé en doyenné, avant d’être rattaché à celui de Monthermé après le Concordat. La collégiale, classée monument historique en 1963 (avec sa crypte), témoigne de cette histoire mouvementée, mêlant pouvoir spirituel, conflits religieux et transformations architecturales.
L’architecture de la collégiale allie des éléments romans (chœur, transept, chevet circulaire à sept côtés) et des ajouts gothiques, comme les voûtes sur croisées d’ogives de la fin du XIIe siècle. Le chevet, partiellement d’origine carolingienne, abrite une crypte aujourd’hui disparue. À l’intérieur, le dallage et les revêtements en marbre (XVIIe), les autels, ou encore la châsse du XVIIIe siècle contenant les reliques des saints Vivent et Pantaléon, soulignent son riche patrimoine. Parmi les pièces remarquables figurent aussi une cuve baptismale du XIIe siècle en pierre bleue de Givet, ornée de grotesques, et des vitraux modernes, dont celui de Brigitte Simon (1950) représentant saint Vivent.
Le chapitre de la collégiale, actif jusqu’à la Révolution, comptait jusqu’à douze chanoines sous la direction d’un prévôt. Parmi ses membres figurent des personnalités comme Étienne Cagniart, prévôt devenu curé de Charleville en 1677, ou Pierre-Louis-Hector de Singly, dernier prévôt nommé en 1789. Ces clercs assuraient la gestion des biens de l’église et le culte, dans un contexte marqué par les tensions entre catholicisme et protestantisme, notamment après l’installation de la principauté de Château-Regnault au XVIIe siècle.