Origine et histoire de la Collégiale Sainte-Croix
La collégiale Sainte-Croix de Montélimar trouve ses origines au moins dès 1183, mentionnée dans une bulle papale comme propriété de l'abbaye de l'Île-Barbe. À l'origine de style roman, elle est agrandie en style gothique entre 1489 et 1499 après son érection en collégiale en 1449, sur demande du dauphin Louis (futur Louis XI). Le clocher, reconstruit entre 1555 et 1557, s'inspire du Capitole de Rome avec un style Renaissance italienne, culminant à 35 mètres.
En 1567, la collégiale subit de lourds dommages lors des guerres de Religion : les protestants incendient l'édifice, détruisant autels, statues, cloches et archives, ne laissant intacts que le chœur et le clocher. La reconstruction, entamée en 1577 malgré les troubles, s'achève en 1606. Le culte catholique y est rétabli en 1589 par Pierre Coton, futur confesseur des rois Henri IV et Louis XIII. La reine Marie de Médicis y contribue financièrement en 1600 pour l'achat de nouvelles cloches.
Au XVIIe siècle, des aménagements sont ajoutés, comme une sacristie (1638) et un jacquemart en bois (1616). La Révolution transforme l'église en temple de la Raison, avant le rétablissement du culte en 1802 sous Napoléon Ier. Au XIXe siècle, la nef est voûtée en brique (1818) et des tribunes ajoutées. Classée monument historique en 2008, elle conserve des éléments médiévaux, Renaissance et modernes, reflétant son histoire tourmentée.
L'architecture mêle une façade du XVIe siècle avec un portail à colonnes toscanes, des baies flamboyantes, et un clocher orné de pilastres ioniques. L'abside polygonale, voûtée sur croisée d'ogives, date du XVIe siècle, tandis que les chapiteaux sculptés de motifs animaux rappellent l'art médiéval. Les modifications du XIXe siècle, comme les tribunes en ciment moulé, illustrent les adaptations successives de l'édifice.
Les sources historiques soulignent des événements marquants, comme la consécration supposée par le pape Jules II en 1504 (non confirmée), ou la destruction des reliques de saint Hébrard en 1567. Les archives locales, compilées par des historiens comme Adolphe de Coston, révèlent aussi des dons royaux et des conflits liés à la Réforme, faisant de ce monument un symbole des tensions religieuses en Dauphiné.