Origine et histoire de la Collégiale Sainte-Marie
La collégiale Sainte-Marie de Clans, située dans les Alpes-Maritimes, trouve ses origines au XIe siècle lorsque le fief de Clans, propriété de la famille de Glandèves, est cédé à l’évêque de Nice. De cette période romane subsiste une abside semi-circulaire en moellons, ornée de lésènes, ainsi que le clocher. L’église est érigée en collégiale en 1137 par le pape Innocent II à la demande de l’évêque Pierre Ier, avec un chapitre de quatre chanoines, probablement augustiniens. Les documents fondateurs ont disparu, mais son statut ecclésiastique marque son importance régionale.
La reconstruction de l’édifice débute en 1572 par le porche, avant une refonte majeure en style baroque entre 1681 et 1686, comme en témoigne la date de 1684 gravée sur le portail. Les décors intérieurs (autels latéraux, maître-autel) s’étoffent jusqu’à la Révolution. La sacristie, ajoutée en 1774, et la consécration de l’église par Mgr Valperga en 1784 marquent l’apogée de son embellissement. Cependant, l’occupation française en 1794 entraîne la suppression de la collégiale et la vente de ses biens en 1796, bien que les Clansois aient sauvé cloches, objets sacrés et registres.
Après le retour du comté de Nice à la Savoie, la collégiale est rétablie en 1830 grâce au legs de l’archiprêtre Don Cagnoli, sous le titre de la Nativité de la Vierge Marie. Les nouveaux statuts sont publiés en 1838 par Mgr Galvano, mais la loi d’incamération de 1855 y met définitivement fin. Classée monument historique en 2000, l’église abrite des fresques médiévales (XIVe siècle, scène de chasse avec éléphant) et un orgue Grinda de 1792, restauré en 1982, témoin rare de la facture française dans une région dominée par l’art italien.
Le mobilier inclut deux bénitiers en pierre noire du XVIe siècle et des fragments de retable représentant saint Martin et sainte Agathe. Les peintures murales, d’inspiration byzantine (début XIIIe ou milieu XIVe siècle selon les sources), illustrent des épisodes de la vie de saint Pierre et une Annonciation. Ces éléments soulignent le mélange des influences artistiques et religieuses qui ont marqué l’histoire de ce lieu.
L’orgue Grinda, commandé en 1791 pour 2 000 lires piémontaises, est inauguré en 1792 malgré des retards de paiement liés à la Révolution. Sa restauration en 1981-1982 par Yves Cabourdin préserve 90 % de ses composants originaux, en faisant un exemple unique dans les Alpes-Maritimes. La collégiale, aujourd’hui propriété communale, reste un symbole du patrimoine religieux et artistique niçois, entre héritage médiéval et baroque.