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Colombier de Lesmoal à Plounérin en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé Patrimoine rural Colombier

Colombier de Lesmoal

  • D56
  • 22780 Plounérin
Colombier de Lesmoal
Colombier de Lesmoal
Crédit photo : Crepi22 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
22780 Plounérin, D56

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1796 (an IV)
Vente comme bien national
1540
Acquisition par la famille Le Meur
1547-1587
Construction du colombier
1679
Relevé des armoiries
XVIIe siècle
Ajout du lanternon
26 mai 1997
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Colombier (cad. ZM 19) : inscription par arrêté du 26 mai 1997

Personnages clés

Morice Meur - Seigneur et commanditaire Propriétaire et constructeur du colombier.
Julienne de Quelen - Épouse de Morice Meur Mariage en 1547 marquant le début des travaux.
Famille Le Meur - Propriétaire historique Détentrice du domaine depuis 1540.

Origine et histoire du Colombier de Lesmoal

Le colombier du manoir de Lesmoal, situé à Plounérin dans les Côtes-d’Armor, date du 4e quart du XVIe siècle et du XVIIe siècle. Ce bâtiment circulaire en granit, d’une hauteur de 12 mètres, se distingue par sa voûte en encorbellement et son lanternon supporté par cinq balustres. À l’origine intégré à la propriété du manoir via une allée, il en est aujourd’hui séparé par la route départementale n°56. Son intérieur conserve une structure en cloche avec environ 500 trous à pigeons (boulins) disposés en quinconce sur 21 rangs, ainsi qu’une table à grain circulaire. La porte, surmontée d’un linteau armorié, affiche les armes des familles De Meur et de la seconde épouse de Morice Meur, identifiées lors des prééminences de 1679.

Le colombier fut construit entre 1547, année du mariage de Morice Meur avec Julienne de Quelen, et 1587, date de sa mort. Le lanternon, ajouté au XVIIe siècle, couronne l’édifice dont le diamètre externe atteint 8,5 mètres. Classé Monument Historique en 1997, il illustre le prestige des seigneurs locaux, capables d’ériger des bâtiments utilitaires à la fois fonctionnels et esthétiques. Le manoir associé, vendu comme bien national pendant la Révolution, comportait des éléments remarquables comme une fontaine intérieure et un escalier en vis.

Les armoiries visibles sur le linteau, décrites comme « 4 fusées en fasce au chef chargé de 6 tourteaux », confirment l’appartenance à la famille Le Meur, propriétaire dès 1540. Ce colombier, l’un des plus beaux du Trégor, témoigne des techniques de construction en opus de granit et de l’importance symbolique des pigeonniers dans l’organisation seigneuriale bretonne. Son état de conservation permet d’observer des détails rares, comme les dalles de granite formant larmier ou la colonne centrale de la table à grain.

La séparation physique d’avec le manoir, due à la création de la route départementale, n’a pas altéré sa valeur patrimoniale. Les boulin incurvés, taillés dans des moellons équarris, et la voûte à dix gradins soulignent une maîtrise artisanale exceptionnelle. Le site, bien que localisé avec une précision moyenne (niveau 6/10), reste un exemple emblématique de l’architecture rurale bretonne des XVIe et XVIIe siècles.

Le contrat de vente du manoir en l’an IV (1796) mentionne une distribution intérieure typique (cuisine, salle, salon au rez-de-chaussée ; chambres et greniers à l’étage), mais le colombier, lui, conserve intact son usage originel. Les commissaires de 1679 avaient déjà relevé les armoiries de Lesmoal dans l’église de Plounérin, confirmant le statut social élevé de ses commanditaires.

Aujourd’hui, le colombier de Lesmoal, isolé mais protégé, attire l’attention par son plan tronconique et son oculus sommital. Les matériaux (granit en grand appareil) et les dimensions (mur épais de 1,24 m) reflètent une volonté de durabilité, tandis que les 500 boulins rappellent son rôle économique dans l’élevage des pigeons, réservé à l’aristocratie sous l’Ancien Régime.

Liens externes

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