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Colonne des Trente de Guillac dans le Morbihan

Patrimoine classé Monument Colonne commémorative

Colonne des Trente de Guillac

    Enclos de la Pyramide
    56800 Guillac
Propriété du département
Colonne des Trente de Guillac
Colonne des Trente de Guillac
Colonne des Trente de Guillac
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Colonne des Trente de Guillac
Colonne des Trente de Guillac
Colonne des Trente de Guillac
Crédit photo : XIIIfromTOKYO - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1800
1900
2000
27 mars 1351
Combat des Trente
11 juillet 1819
Pose de la première pierre
6 juillet 1823
Inauguration de l’obélisque
15 mai 1933
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Colonne des Trente (cad. ZI 15) : inscription par arrêté du 17 mai 1933

Personnages clés

Jean de Beaumanoir - Capitaine des chevaliers bretons Meneur des trente combattants du parti de Blois.
Charles de Blois - Prétendant au duché de Bretagne Soutenu par les chevaliers honorés par le monument.
Jean Froissart - Chroniqueur médiéval A décrit le combat des Trente au XIVe siècle.
Louis XVIII - Roi de France (1814-1824) Règne durant la construction de l’obélisque.
Pierre Ferdinand de Bausset-Roquefort - Évêque de Vannes Bénit la première pierre en 1819.
Comte de Coutard - Lieutenant général Posa la première pierre du monument.

Origine et histoire

La Colonne des Trente est un monument commémoratif situé au lieu-dit la Pyramide, sur la commune de Guillac, dans le Morbihan (Bretagne). Érigé entre 1819 et 1823, cet obélisque de granit haut de treize mètres rend hommage aux trente chevaliers franco-bretons ayant combattu lors du combat des Trente le 27 mars 1351. Ce duel opposa deux camps de trente hommes chacun, dans le cadre de la guerre de Succession de Bretagne, conflit né en 1341 après la mort du duc Jean III. Les chevaliers, menés par Jean de Beaumanoir pour le parti de Charles de Blois, affrontèrent des anglo-bretons alliés à Jean de Montfort. Le monument ne célèbre que les combattants du parti de Blois, vainqueurs de cette joute sanglante où neuf Anglais trouvèrent la mort.

La première pierre fut posée le 11 juillet 1819 sous le règne de Louis XVIII, en présence de dignitaires comme le comte de Coutard (lieutenant général) et l’évêque de Vannes, Pierre Ferdinand de Bausset-Roquefort. L’obélisque, inauguré le 6 juillet 1823, intègre une plaque de cuivre gravée des noms des trente chevaliers bretons et d’une inscription royaliste : « Vive le Roi longtemps ! Les Bourbons toujours ! ». Une croix commémorative, érigée dès le XVIIe siècle à cet emplacement, avait été détruite en 1793 puis restaurée ; elle se dresse aujourd’hui derrière l’obélisque. Le site, situé près de la voie expresse RN 24 entre Rennes et Lorient, est classé monument historique depuis le 15 mai 1933.

Le combat des Trente fut immortalisé par le chroniqueur médiéval Jean Froissart, qui en fit un récit épique. Ce duel, né d’un défi entre capitaines, symbolise l’honneur chevaleresque et les divisions politiques de la Bretagne du XIVe siècle. Les chevaliers bretons, présentés comme défenseurs « du pauvre, du laboureur, de l’artisan », incarnent une résistance face aux « étrangers » (les Anglo-Bretons), dans un contexte où la couronne de France soutenait Jeanne de Penthièvre contre les Montfort, alliés à l’Angleterre. L’obélisque, commandé au XIXe siècle, reflète une volonté de glorifier ce passé héroïque tout en affirmant un ancrage monarchiste sous la Restauration.

Architecturalement, le monument se compose d’un obélisque en granit surmonté d’une pyramide, accompagné de la croix historique restaurée. La plaque commémorative détaille les noms des combattants bretons — dont Robert de Beaumanoir, frère de Jean — ainsi que ceux des personnalités présentes à l’inauguration de 1823. Le site, propriété du département du Morbihan, reste un lieu de mémoire majeur pour la Bretagne, célébrant à la fois un épisode militaire médiéval et son instrumentalisation politique au XIXe siècle.

Liens externes