Frise chronologique
7-9 août 1809
Premier passage de Pie VII
Premier passage de Pie VII
7-9 août 1809 (≈ 8)
Enlèvement par Napoléon, accueil triomphal à Nice.
9-11 février 1814
Second passage de Pie VII
Second passage de Pie VII
9-11 février 1814 (≈ 10)
Libération, arrivée tirée par la foule.
1815
Décision d'ériger la colonne
Décision d'ériger la colonne
1815 (≈ 1815)
Projet lancé après les visites papales.
4 septembre 1823
Inauguration de la colonne
Inauguration de la colonne
4 septembre 1823 (≈ 1823)
Place de la Croix-de-Marbre, Nice.
26 décembre 1906
Classement monument historique
Classement monument historique
26 décembre 1906 (≈ 1906)
Protection officielle du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Colonne en marbre blanc : classement par arrêté du 26 décembre 1906
Personnages clés
| Pie VII - Souverain pontife |
Deux passages à Nice en 1809 et 1814. |
| Raymond Garin - Consul de Nice |
Supervisa l’érection en 1822. |
| Charles-Félix - Roi de Sardaigne |
Autorisa la construction du monument. |
| Marie-Louise d'Étrurie - Reine |
Accueillit Pie VII en 1809. |
Origine et histoire
La colonne du pape est une colonne commémorative en marbre blanc érigée à Nice en 1822 pour marquer les deux passages du pape Pie VII dans la ville, en 1809 et 1814. Ces visites, marquées par des accueils triomphaux, furent des événements majeurs pour la population niçoise, qui manifestait ainsi sa dévotion envers le souverain pontife. La colonne fut érigée à l’emplacement même où Pie VII fut porté en triomphe par la foule, après que celle-ci eut dételé sa voiture pour la tirer jusqu’à la cathédrale.
Le premier passage de Pie VII eut lieu du 7 au 9 août 1809, alors qu’il était en exil forcé après son enlèvement par les troupes napoléoniennes. Accueilli par une foule immense, il logea à la Préfecture et bénit les Niçois depuis son balcon, sous des illuminations et des feux d’artifice. Son second passage, du 9 au 11 février 1814, se déroula dans un contexte de libération : libéré par Napoléon, il traversait la France pour rejoindre Rome. À Nice, 150 prêtres et des milliers d’habitants l’accueillirent, tirant eux-mêmes sa voiture jusqu’à l’église.
La décision d’ériger la colonne fut prise en 1815, et les travaux furent menés en 1821-1822 sous l’autorité du roi Charles-Félix. Le monument, situé place de la Croix-de-Marbre, fut inauguré le 4 septembre 1823. Il porte des inscriptions en latin sur ses quatre faces, relatant les deux visites du pape, ainsi que les armoiries de sa famille, les Chiaramonti. La croix sommital, à deux branches horizontales, rappelle la croix de Lorraine. Classée monument historique en 1906, la colonne reste un symbole de la ferveur religieuse et de l’histoire niçoise.
Les inscriptions latines détaillent les circonstances des deux visites. Celle de 1809 évoque l’émotion de la foule et les cérémonies en l’honneur du pape, tandis que celle de 1814 décrit son arrivée triomphale, tirée par le peuple malgré la résistance des soldats. Une troisième inscription commémore sa bénédiction depuis le balcon de la Préfecture, et la dernière rend hommage aux consuls niçois ayant supervisé l’érection du monument. Ces textes soulignent l’attachement des Niçois à Pie VII, qui leur adressa même un portrait en remerciement.
La colonne se distingue par deux particularités : la croix à double traverse, similaire à la croix de Lorraine, et les armoiries familiales du pape (Chiaramonti) plutôt que pontificales. Ces éléments reflètent à la fois le contexte politique de l’époque — marqué par les tensions entre l’Église et Napoléon — et la piété locale. Aujourd’hui, le monument, propriété de la commune, témoigne de cet épisode historique où Nice, alors sous influence sarde, affirma sa fidélité au Saint-Siège.