Origine et histoire de la Commanderie d'Auzon
La commanderie d'Auzon, aussi appelée commanderie d'Ozon, fut fondée entre 1130 et 1140 par les Templiers sous l’autorité de Guillaume X d’Aquitaine ou Aliénor d’Aquitaine. Elle constituait, avec celle de La Rochelle, la principale baillie de la province d’Aquitaine, incluant alors le Poitou. Les archives templières furent presque entièrement détruites pendant les guerres de Religion, laissant peu de traces de cette période. La chapelle, de style roman, mesure 30 mètres de long et conserve des fresques du XIIe siècle, dont un Christ en majesté entouré du tétramorphe, endommagées lors de la Seconde Guerre mondiale.
À partir de 1314, la commanderie passa aux Hospitaliers, période mieux documentée grâce aux 27 liasses d’archives départementales. Les commanderies de Boussais et Prailles y furent rattachées en 1462. La chapelle, classée Monument Historique en 1913 (peintures) et 1938 (bâtiment), fut restaurée entre 1966 et 1977. Les bâtiments conventuels, détruits après 1835, ne laissent subsister que la chapelle et un pigeonnier du XVIIe siècle, inscrit à l’inventaire supplémentaire.
Parmi les figures marquantes, Guillaume de Sonnac, recteur d’Ozon vers 1223, devint maître de l’Ordre du Temple en 1247 et mourut en 1250 en protégeant Louis IX lors de la bataille de Mansourah. Renaud de Vichiers, possible précepteur d’Ozon vers 1236, succéda à Guillaume de Sonnac et participa à la libération de Louis IX. Les derniers précepteurs templiers, comme Audebert de la Porte (1303–1307), fournirent des témoignages précieux sur les cérémonies dans la chapelle.
Architecturalement, la chapelle se compose d’une nef simple à quatre travées et d’une abside semi-circulaire, agrandie vers 1240. Les murs romans, épaissis de contreforts, et les fenêtres cintrées reflètent son caractère défensif. Les fresques de l’abside, symbolisant les quatre évangélistes, illustrent l’importance artistique et religieuse du site. Le pigeonnier du XVIIe siècle, seul vestige des dépendances, complète l’ensemble.
La commanderie illustre la transition entre les Templiers et les Hospitaliers en Aquitaine, ainsi que l’évolution architecturale et fonctionnelle des commanderies médiévales. Son classement et ses restaurations soulignent sa valeur patrimoniale, malgré les destructions subies au fil des siècles.