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Commanderie de Cressac à Cressac-Saint-Genis en Charente

Patrimoine classé Chapelle des Templiers Commanderie templière Eglise romane

Commanderie de Cressac

  • La Motte à Dognon et la Fo
  • 16250 Cressac-Saint-Genis
16250 Cressac-Saint-Genis, La Motte à Dognon et la Fo

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1150-1160
Construction de la chapelle
1163
Bataille de la Bocquée
1312
Chute des Templiers
1789
Vente comme bien national
9 mai 1914
Classement Monument Historique
début XXe siècle
Rachat par les protestants
2013
Restauration des fresques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Hugues le Brun de Lusignan - Seigneur et croisé Représenté dans les fresques de 1163.
Geoffroy Martel - Frère du comte d'Angoulême Figuré aux côtés de Lusignan.
Nourreddine - Émir d'Alep et chef sarrasin Adversaire dans la bataille de la Bocquée.
Adémar - Évêque (présumé) Possible participant à la première croisade.
Eugène Sadoux - Peintre du XIXe siècle A restauré ou complété les fresques.

Origine et histoire de la Commanderie de Cressac

La commanderie de Cressac, initialement templière puis hospitalière, fut édifiée au XIIe siècle à Cressac-Saint-Genis, en Charente. Son implantation fut favorisée par la présence d’un puits inépuisable, stratégique sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. La chapelle, seul vestige de l’ensemble, construite entre 1150 et 1160, se distingue par ses fresques uniques représentant des scènes de victoires croisées, dont la bataille de la Bocquée en 1163 opposant les Francs de Hugues le Brun de Lusignan aux Sarrasins de Nourreddine, émir d’Alep. Ces peintures murales, réalisées à l’argile rouge et au blanc d’œuf, couvraient autrefois l’intégralité des murs intérieurs et illustrent aussi des symboles royaux comme les fleurs de lys.

Après la dissolution de l’ordre du Temple en 1312, la commanderie passa aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. À la Révolution, elle fut vendue comme bien national et transformée en bâtiment agricole. Rachatée au début du XXe siècle par l’Église protestante unie de Barbezieux (EPUB), elle fut restaurée et réaffectée en lieu de culte, expliquant la présence d’une croix huguenote sur le mur sud. Les fresques, partiellement altérées par des restaurations jugées « trop radicales » avant 1969, firent l’objet d’une campagne de sauvegarde à partir de 2013, après des dégradations constatées en 2011.

Architecturalement, la chapelle de plan rectangulaire présente des murs épais épaulés de contreforts, avec une nef couverte en berceau. Le mur sud conserve une « main de pénitent », marque symbolique gravée où les fidèles devaient frotter la pierre. Les fresques, attribuées à plusieurs artistes, mêlent scènes militaires (siège du Krak des Chevaliers), échanges de prisonniers, et motifs géométriques ou végétaux. Parmi les figures représentées, un évêque pourrait être Adémar, participant à la première croisade. Ces œuvres, complétées au XIXe siècle par le peintre Eugène Sadoux, offrent un témoignage rare de l’art templier en Aquitaine.

Classée Monument Historique en 1914, la chapelle appartient aujourd’hui à une association protestante. Son état actuel résulte de multiples interventions, depuis sa conversion agricole jusqu’aux récentes restaurations. Les fresques, malgré leur dégradation partielle, restent un exemple exceptionnel de peinture murale romane à thème croisé, liant histoire locale et enjeux religieux du Moyen Âge. La commanderie, aussi appelée « du Dognon », s’étendait autrefois jusqu’au lieu-dit l’Hôpital à Blanzac, soulignant son importance régionale.

Liens externes

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