Frise chronologique
1246
Première attestation
Première attestation
1246 (≈ 1246)
Mention écrite de la commanderie.
1312
Dévolution des biens templiers
Dévolution des biens templiers
1312 (≈ 1312)
Agrandissement des possessions hospitalières.
1414
Reconstruction du donjon
Reconstruction du donjon
1414 (≈ 1414)
Écroulé, réparé par les habitants.
1472
Réédification par Jean Cottet
Réédification par Jean Cottet
1472 (≈ 1472)
Presque entière après destructions.
1576
Fin de la chambre prieurale
Fin de la chambre prieurale
1576 (≈ 1576)
Devient bailliage avec Lyon.
1796
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1796 (≈ 1796)
Transformée en mairie puis ferme.
1980
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1980 (≈ 1980)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de la partie subsistante (cad. AC 237) : inscription par arrêté du 18 mars 1980
Personnages clés
| Pons de Fay - Commandeur et grand prieur |
Rôle majeur en Langue d’Auvergne. |
| Raynaud de Fay - Commandeur et grand prieur |
Dirige la commanderie au XIVe. |
| Jean Cottet - Grand prieur (XVe siècle) |
Reconstruit la commanderie en 1472. |
| Robert de Châteauneuf - Commandeur et grand prieur |
Cumule charges à Devesset. |
Origine et histoire
La commanderie de Devesset est une ancienne fondation des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, attestée dès 1246 dans le Haut-Vivarais (Ardèche). Probablement créée par des frères de la commanderie Saint-Jean la Chevalerie du Puy, elle devient au XIIIe siècle un castrum associant fortifications et une villa nova. Les Hospitaliers y établissent aussi une paroisse, et leurs possessions s’étendent après 1312 avec la dévolution des biens templiers. Plusieurs commandeurs, comme Pons de Fay ou Raynaud de Fay, occupent des rôles majeurs dans la Langue d’Auvergne.
Au XVe siècle, la commanderie est reconstruite presque entièrement par le grand prieur Jean Cottet après des destructions répétées (guerres, incendies, attaques de routiers). Elle abrite alors un logis fortifié, trois tours rondes, et une église paroissiale. Après la Révolution, vendue comme bien national en 1796, elle est partiellement détruite en 1838 avant d’être transformée en ferme. Les vestiges actuels, inscrits aux Monuments Historiques depuis 1980, incluent une tour du XVe siècle avec des archères-cannonières et des armoiries érodées de l’ordre de Malte.
Aujourd’hui, la commanderie est un musée mettant en valeur son histoire médiévale et hospitalière. Le site conserve des éléments architecturaux remarquables, comme une cheminée gothique, une fenêtre à coussiège, et un calvaire marquant l’emplacement de l’ancien cimetière. Les fouilles et recherches récentes (notamment par Virgile Reignier) éclairent son rôle stratégique entre Velay et Vivarais, ainsi que son organisation sociale autour des granges et de la haute justice.
Les sources écrites, bien que lacunaires (incendie de 1570), révèlent une commanderie prospère, centre d’un mandement couvrant l’actuelle commune de Devesset. Son déclin commence avec les guerres de Religion (1565–1585), où elle alterne entre mains huguenotes et catholiques. Au XVIIIe siècle, elle perd son statut de chambre prieurale pour devenir un bailliage dépendant de Lyon. Les Hospitaliers, puis les Chevaliers de Malte, en gardent la propriété jusqu’à la Révolution.
L’architecture reflète ces transformations : le corps de logis, en moellons et pierre de taille, présente un toit à longs pans et une tour demi-hors-œuvre à toit conique. Les murs d’enceinte, autrefois flanqués de tours (Sainte-Catherine, Saint-Nicolas), ont disparu, mais des vestiges du XVe siècle subsistent. La restauration moderne a créé des ouvertures et un appentis, tout en préservant des éléments défensifs comme les archères. Le site, ouvert au public, offre un témoignage rare des commanderies hospitalières en Ardèche.