Origine et histoire de la commanderie de L'Ormeteau
La commanderie du Château de l'Ormeteau, située sur la commune de Reuilly dans l'Indre, prend ses origines au sein de l'ordre du Temple et fut établie en 1136 sous les appellations Domus Templi de Ulmo Tyaudi, Ulmo Tiaudi et Lomethiaut. Grâce à un privilège de l'évêque de Bourges et à des dons seigneuriaux reçus entre 1157 et la fin du XIIIe siècle, la commanderie se développa rapidement. Après la dévolution des biens de l'ordre du Temple en 1312, elle revint aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et prit le nom de Commanderie-Saint-Jean-de-l’Ormeteau. Durant la guerre de Cent Ans, la région subit des destructions et, en 1429, les Anglais occupèrent Lormeteau, Ardelon et Mennetou-sur-Cher. Remaniée vers 1455, la forteresse fut ensuite relevée à la demande du commandeur Jean de Marcenac : en 1457 il obtint l'autorisation du roi Charles VII de restaurer les fortifications, puis des fenêtres furent percées à la Renaissance. Les Hospitaliers agrandirent les bâtiments en 1457 et des travaux de rénovation eurent lieu au XVIIIe siècle. En 1589, les Ligueurs pénétrèrent dans le château et pillèrent la chapelle ; la propriété fut vendue comme bien national en 1793 et la chapelle, qui comportait des absidioles et des bas-côtés, fut détruite. Le dernier commandeur signalé est Savary de Lancosme, qui quitta l'Ormeteau en 1790. Les façades et les toitures du château sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du 12 octobre 1972. Le domaine appartient actuellement à Dominique, ancien grand hospitalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et à Pascale de La Rochefoucauld-Montbel.
Le château se présente aujourd'hui comme une masse quadrangulaire flanquée de quatre tours d'angles aux diamètres différents, coiffées de toitures en poivrière ; la tour carrée au sud abrite un escalier à vis qui dessert l'ensemble, tandis que d'autres escaliers existaient dans les tours. Des vestiges de corbeaux témoignent du départ de l'enceinte fortifiée qui entourait autrefois le château et la chapelle ; les fondations de cette dernière sont encore visibles au sud du logis. Un pigeonnier, reconstruit au XIXe siècle, se dresse à proximité. L'accès à l'étage habitable se faisait auparavant par une échelle jusqu'en 1400, puis par un escalier extérieur ; au-dessus de la porte principale subsistent les écus des rois de France, de saint Jean de Jérusalem et du commandeur Marcenac. Au début du XVIIe siècle, l'une des tours fut aménagée en prison. La commanderie exploitait également, près de la Motte à Preuilly, un four à chaux et possédait deux tuileries. Elle comprenait plusieurs dépendances et maisons membres, parmi lesquelles la maison du Temple de Châteauroux, Rochegaygne à Arthon, la maison du Temple de Villepruère (annexée jusqu'à la Révolution), la Motte-aux-Templiers près de Preuilly et Le Chambon à Sainte-Lizaigne.