Frise chronologique
1150-1180
Fondation templière
Fondation templière
1150-1180 (≈ 1165)
Création par les Chevaliers du Temple.
1176-1180
Première charte connue
Première charte connue
1176-1180 (≈ 1178)
Donation confirmée par Arnaud de la Ferté.
1206
Première mention écrite
Première mention écrite
1206 (≈ 1206)
Acte entre Templiers et Saint-Denis.
1307
Arrestation des Templiers
Arrestation des Templiers
1307 (≈ 1307)
Dissolution de l’ordre initiée.
1312
Transfert aux Hospitaliers
Transfert aux Hospitaliers
1312 (≈ 1312)
Rattachement à Louviers-Vaumion.
1926
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1926 (≈ 1926)
Inscrite à l’Inventaire supplémentaire.
1971-1978
Première restauration majeure
Première restauration majeure
1971-1978 (≈ 1975)
Sauvetage par l’EPA Saint-Quentin.
2012
Seconde phase de travaux
Seconde phase de travaux
2012 (≈ 2012)
Restauration centrée sur la chapelle.
2024
Ouverture du tiers-lieu
Ouverture du tiers-lieu
2024 (≈ 2024)
Devenue espace culturel et numérique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Ville-Dieu : inscription par arrêté du 19 juillet 1926
Personnages clés
| Gui II de Chevreuse - Seigneur et donateur |
Fonda la commanderie vers 1150-1180. |
| Arnaud de la Ferté - Seigneur de Villepreux |
Confirma une donation en 1176-1180. |
| Jean de l’Oratoire - Commandeur templier |
Arrêté en 1307 à Villedieu. |
| Raoul de Taverny - Précepteur templier |
Interrogé en 1307 pour défendre l’ordre. |
| Pierre d’Auteuil - Abbé de Saint-Denis |
Réglementa la coutume en 1226. |
| Godefroy d’Ambleville - Donateur hospitalier |
Offrit la chapelle Saint-Thomas en 1181. |
Origine et histoire
La commanderie de la Villedieu, située à Élancourt (Yvelines), est une ancienne commanderie templière fondée entre 1150 et 1180 par les Chevaliers du Temple. Elle se trouve à 16 km à l’ouest de Versailles et marquait, depuis Paris, le premier jalon sur la route de Chartres pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le site, initialement appelé « Villedieu-lez-Maurepas », fut donné en partie par Gui II de Chevreuse, qui offrit une maison à la Brosse et une autre à la Villedieu aux Templiers. La première mention écrite du nom « de la Villedieu de Maurepas » apparaît en 1206 dans un acte entre les Templiers et l’abbaye de Saint-Denis.
La commanderie, de taille moyenne avec environ 100 hectares de terres et 40 hectares de bois, suivait l’organisation typique des sites templiers du nord de la France : bâtiments disposés autour d’une cour centrale avec une pièce d’eau. Elle abritait des activités militaires, agricoles, financières et religieuses. Parmi les vestiges templiers subsistants figurent la chapelle en pierre de meulière, restaurée aux XXe et XXIe siècles, et un bâtiment dit « des gardes », probablement une grange à l’origine. La chapelle, inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1926, présente des caractéristiques architecturales rares, comme une tourelle octogonale initiatique et des fenêtres ogivales de grande taille.
À la suite de l’arrestation des Templiers en 1307, la commanderie passa aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, sous la tutelle de la commanderie de Louviers-Vaumion. Le site souffrit des pillages pendant la guerre de Cent Ans et des guerres de Religion (rançonné en 1567 et 1568). Au XVIIIe siècle, il fut réduit à une exploitation agricole dirigée par un receveur, avant d’être confisqué comme bien national en 1792. Après une période d’abandon au XXe siècle, la commanderie fut restaurée entre 1971 et 1978, puis en 2012, avant de devenir un tiers-lieu culturel en 2024.
Parmi les éléments historiques notables, on relève la pierre gravée d’une croix templière découverte lors des restaurations des années 1970, aujourd’hui insérée dans la façade d’un bâtiment. Cette croix, similaire à celle d’Omerville, pourrait avoir servi de borne territoriale. La chapelle, dédiée à saint Jean-Baptiste après le transfert aux Hospitaliers, conserve des traces de vitraux médiévaux et un dallage originel partiellement retrouvé. Le site illustre l’histoire mouvementée des ordres militaires-religieux en Île-de-France, entre pouvoir spirituel, conflits et adaptations économiques.
Les archives mentionnent plusieurs commandeurs templiers et hospitaliers, dont Jean de l’Oratoire, arrêté en 1307, et Raoul de Taverny, précepteur interrogé lors de la dissolution de l’ordre. Les possessions de la commanderie, incluant le village de Boullay-les-Troux et des droits sur La Brosse, furent confirmées par les seigneurs de Chevreuse. La coutume locale, réglementée en 1226 par l’abbé de Saint-Denis, reflète les tensions entre les Templiers, exempts d’impôts, et les autorités religieuses environnantes.
Aujourd’hui propriété de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, la commanderie allie patrimoine médiéval et réutilisation contemporaine. Son histoire, marquée par les croisades, la dissolution des Templiers et les transformations agricoles, en fait un témoin clé de l’évolution des commanderies en France. Les fouilles et restaurations successives ont permis de mettre au jour des éléments architecturaux et funéraires, offrant un éclairage sur la vie quotidienne et spirituelle de ses occupants.