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Commanderie de Lacommande dans les Pyrénées-Atlantiques

Patrimoine classé
Patrimoine Templier
Commanderie templière
Pyrénées-Atlantiques

Commanderie de Lacommande

    Le Village
    64360 Lacommande
Propriété du département
Commanderie de Lacommande
Commanderie de Lacommande
Commanderie de Lacommande
Commanderie de Lacommande
Crédit photo : Havang(nl) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1115-1118
Fondation par Gaston IV de Béarn
1128
Charte Albertine
1130-1140
Construction de l’église
1208
Acquisition de biens en Aragon
1297
Paréage avec Roger-Bernard III
1571
Confiscation par Jeanne d’Albret
1640
Arrivée des Barnabites
1790
Création de la commune
1962
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ancienne commanderie (cad. A 121) : classement par arrêté du 12 mars 1962

Personnages clés

Gaston IV de Béarn - Fondateur et vicomte Initiateur de l’hôpital en 1115-1118.
Fortaner de Pimbo - Commandeur en 1297 Signataire du paréage avec Roger-Bernard III.
Jeanne d’Albret - Reine de Navarre Confisqua les revenus en 1571.
Pierre de Licerasse - Commandeur sous Henri IV Nommé en 1603 pour restaurer l’ordre.
René Camy - Maire et académicien (XXe s.) Acteur de la préservation du patrimoine local.

Origine et histoire

La commanderie de Lacommande, initialement nommée Espitau deu Faget d’Aubertii (Hôpital de la hêtraie d’Aubertin), fut fondée entre 1115 et 1118 par Gaston IV de Béarn, dit le Croisé. Située sur un chemin ancestral menant à l’Espagne via le col du Somport, elle servait de relais pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, les marchands, et les acteurs de la Reconquista. Une charte de 1128, dite Charte Albertine, résolut un conflit de propriété avec un seigneur local en échange de 90 brebis, permettant l’expansion de l’hôpital sous l’égide des chanoines réguliers de Saint-Augustin, affiliés au prieuré de Sainte-Christine-du-Somport. L’église contiguë fut construite vers 1130-1140, et des bulles papales (Eugène III en 1151, Innocent III en 1216) confirmèrent son rôle caritatif pour les pauvres et les voyageurs.

Au XIIIe siècle, la commanderie devint un centre administratif et économique clé pour le prieuré de Sainte-Christine, bénéficiant de dons fonciers (comme des terres à Artiguelouve en 1160) et de revenus liés à la transhumance. En 1208, elle reçut des biens en Aragon (Castejón de Valdejasa) en échange de l’accueil des bergers et religieux. Un paréage signé en 1297 entre le vicomte Roger-Bernard III de Foix et le commandeur Fortaner de Pimbo suggéra la création d’une bastide, consolidant son statut juridique. La population locale, estimée à une vingtaine de personnes en 1385 (religieux, donats, paysans), vivait des terres cultivées et des péages sur la route vers l’Espagne.

La Réforme protestante en Béarn (XVIe siècle) marqua un tournant : Jeanne d’Albret confisqua les revenus de la commanderie en 1571, chassant les chanoines. Les Barnabites, installés vers 1640 après une période de déclin, restaurèrent le site et résistèrent aux conflits avec les villages voisins (Monein, Aubertin). Ils maintinrent l’hôpital jusqu’à la Révolution, où les biens furent vendus comme biens nationaux. L’église Saint-Blaise, l’ancien hôpital (classés Monuments Historiques en 1962), et un cimetière médiéval avec des stèles discoïdales (XVIIe-XVIIIe siècles) subsistent, témoignant de neuf siècles d’histoire hospitalière et religieuse.

L’architecture de la commanderie mêle des éléments romans (chapiteaux sculptés par le Maître d’Oloron, abside du XIIe siècle) et gothiques primitifs (chapelle nord du XIIIe siècle, influencée par l’art cistercien et hispano-mauresque). Le cloître, détruit pendant la Réforme, laissait place à un cimetière utilisé jusqu’en 1865, où les stèles discoïdales — orientées vers le soleil levant selon la symbolique chrétienne de résurrection — étaient érigées par les familles locales. Aujourd’hui, le site, propriété du département, abrite des expositions et un gîte d’étape pour les pèlerins, perpétuant sa vocation d’accueil.

La commanderie illustre les liens étroits entre le Béarn, l’Aragon et la Gascogne durant le Moyen Âge, servait de halte sur la via Tolosana (chemin d’Arles vers Compostelle), et reflète l’influence des ordres religieux dans l’organisation sociale et économique régionale. Son déclin au XVIIIe siècle, accéléré par les réformes royales contre les établissements non hospitaliers, fut scellé par la Révolution. Les Barnabites, derniers gestionnaires, avaient tenté de moderniser les contrats avec les paysans (1667) et de défendre leurs droits face aux communautés voisines, avant que le site ne devienne une commune indépendante en 1790.

Liens externes