Frise chronologique
vers 1140-1150
Fondation par Richard d'Harcourt
Fondation par Richard d'Harcourt
vers 1140-1150 (≈ 1145)
Création de la commanderie et chapelle
1307
Abolition de l'ordre du Temple
Abolition de l'ordre du Temple
1307 (≈ 1307)
Transfert aux Hospitaliers en 1312
fin XVe siècle
Construction du manoir à tourelles
Construction du manoir à tourelles
fin XVe siècle (≈ 1595)
Par Philippe de Mailly, commandeur hospitalier
1795
Disparition de la chapelle
Disparition de la chapelle
1795 (≈ 1795)
Détruite pendant la Révolution
1847
Démolition du logis du commandeur
Démolition du logis du commandeur
1847 (≈ 1847)
Remplacé par un château néogothique
23 octobre 1992
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
23 octobre 1992 (≈ 1992)
Protection de la grange et du fournil
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La grange en totalité ; le fournil en totalité ; les façades et toitures de la maison du fermier, à l'exclusion du pignon est ; les vestiges subsistants des enclos, connus ou à découvrir, enfouis ou en élévation (cad. ZE 48, 50, 51) : inscription par arrêté du 23 octobre 1992
Personnages clés
| Richard d'Harcourt - Fondateur et donateur |
Créa la commanderie vers 1140-1150 |
| Philippe de Mailly - Commandeur hospitalier (1492-1512) |
Construisit le manoir et la grange |
| Claude de La Sengle - Commandeur puis grand maître |
Devenu grand maître de l'Ordre (1554-1557) |
| Claude de Saint-Simon - Commandeur au XVIIIe siècle |
Fit construire la maison du régisseur |
Origine et histoire
La commanderie de Saint-Étienne-de-Renneville fut fondée vers 1140-1150 par Richard d'Harcourt, fils de Robert Ier d'Harcourt, qui y érigea une chapelle dédiée à saint Étienne. Ce site devint une possession majeure des Templiers, enrichie par de nombreuses donations au XIIe et XIIIe siècles, incluant des terres, des dîmes et des églises. À son apogée, elle comptait neuf fermes, des maisons urbaines et des droits sur plus de soixante paroisses environnantes, faisant d'elle l'une des plus riches commanderies de Normandie. Les conflits avec les seigneurs locaux et l'Église conduisirent le pape à placer ses biens sous protection pontificale.
En 1307, l'ordre du Temple fut aboli par le roi Philippe le Bel, et ses biens, dont cette commanderie, furent transférés aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1312. Sous leur gestion, le site connut un renouveau architectural, notamment avec la construction d'un manoir à tourelles à la fin du XVe siècle par Philippe de Mailly, et d'une grange monumentale. La commanderie fut un centre administratif et agricole jusqu'à la Révolution, où elle fut vendue comme bien national. La plupart des bâtiments disparurent aux XIXe et XXe siècles, mais la grange, le fournil et des vestiges des enclos subsistent.
La chapelle, initialement construite par Richard d'Harcourt puis agrandie au XIIIe siècle, abritait des tombes de commandeurs et des peintures religieuses. Elle fut détruite pendant la Révolution. Le gisant de Richard d'Harcourt, autrefois présent dans la chapelle, se trouve aujourd'hui dans l'église de Saint-Aubin-d'Écrosville. Le site, restauré, est désormais connu sous le nom de La Grange de Renneville et accueille des événements culturels. Il a été inscrit aux monuments historiques en 1992 pour ses éléments subsistants, dont la grange et le fournil.
L'organisation spatiale de la commanderie se divisait en deux enclos : la cour d'honneur, avec le logis du commandeur (démoli en 1847) et la chapelle, et la basse-cour agricole, où se concentraient granges, bergeries et autres dépendances. Parmi les bâtiments conservés, la grange du XVe siècle, ornée des armes de Philippe de Mailly, et la maison du régisseur, construite en 1740, illustrent l'importance économique et symbolique du site. Les vestiges des murs d'enceinte et du portail rappellent son rôle défensif et religieux.
La commanderie de Saint-Étienne-de-Renneville incarne l'histoire mouvementée des ordres militaires en Normandie. Fondée par une famille noble locale, elle passa des Templiers aux Hospitaliers avant de devenir un bien national. Son architecture, mêlant éléments médiévaux et classiques, reflète les évolutions politiques et religieuses de la France. Aujourd'hui, le site allie préservation patrimoniale et usage contemporain, perpétuant ainsi sa vocation de lieu de rassemblement, comme aux époques médiévale et moderne.