Frise chronologique
1170
Première mention templière
Première mention templière
1170 (≈ 1170)
Commanderie citée dans les archives.
1225
Litige avec Bourges
Litige avec Bourges
1225 (≈ 1225)
Sentence arbitrale papale pour Villeville.
1269
Échange de créances
Échange de créances
1269 (≈ 1269)
Accord entre Templiers et Fontmorigny.
1312
Passage aux Hospitaliers
Passage aux Hospitaliers
1312 (≈ 1312)
Dissolution de l’ordre du Temple.
fin XVe–début XVIe siècle
Construction de la tour
Construction de la tour
fin XVe–début XVIe siècle (≈ 1625)
Logis des commandeurs hospitaliers.
1791
Suppression révolutionnaire
Suppression révolutionnaire
1791 (≈ 1791)
Fin de la commanderie comme institution.
1995
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1995 (≈ 1995)
Protection des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle, y compris ses salles souterraines et leur escalier d'accès ; tour subsistant du logis du commandeur (cad. AR 100, lieudit Les Bordes, 101, lieudit Château des Bordes) ; porte couverte d'un linteau décoré d'un arc en accolade, pratiquée dans le mur mitoyen séparant l'ancien jardin et l'ancienne basse-cour, entre la parcelle AR 12 et la parcelle AR 101 : inscription par arrêté du 19 juillet 1995
Personnages clés
| Frère Gérard - Maître de la province d’Auvergne-Limousin |
Responsable templier en 1225. |
| Amaury de La Roche - Maître de la province de France |
Valide l’échange de 1269. |
| Honorius III - Pape |
Arbitre le litige de 1225. |
Origine et histoire
La commanderie des Bordes, située à Jussy-le-Chaudrier dans le Cher, trouve ses origines au XIIe siècle sous l’ordre du Temple. Mentionnée pour la première fois en 1170, elle relevait alors de la province templière d’Auvergne-Limousin, comme en témoigne une sentence arbitrale de 1225 réglant un litige entre les Templiers et l’archevêché de Bourges. En 1269, un échange de créances entre les moines de Fontmorigny et les Templiers de Jussy est acté par Amaury de La Roche, maître de la province de France. Ce site stratégique, proche de Sancerre, illustre l’implantation économique et religieuse de l’ordre dans la région.
À la dissolution des Templiers en 1312, la commanderie passe aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenant un centre administratif majeur sous le nom de commanderie des Bordes au XVIe siècle. Elle absorbe alors plusieurs maisons voisines (Villeville, Précilly, Francheville, etc.), formant un ensemble puissant. La chapelle, construite entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, et la tour (fin XVe–début XVIe) reflètent ces transitions architecturales et fonctionnelles. Les guerres de Religion endommagèrent partiellement les lieux, bien que des restaurations aient eu lieu aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Aujourd’hui, il ne subsiste de ce complexe que la chapelle tronquée de ses travées occidentales, la tour des archives (vestige du logis des commandeurs), et une porte gothique ornée d’un arc en accolade. Les salles basses accessibles sous la chapelle, ainsi que les traces de l’enceinte et du colombier (détruits vers 1900), rappellent son organisation médiévale. Propriété privée, la chapelle n’est pas ouverte au public, préservant un patrimoine à la fois templier et hospitalier, marqué par les conflits religieux et les recompositions seigneuriales.
Les sources historiques, comme les mémoires d’Émile de Toulgoët-Tréanna (1907) ou les archives de l’ordre de Malte, soulignent son rôle dans le réseau des commanderies du Berry. Classée Monument Historique en 1995 pour ses éléments subsistants (chapelle, tour, porte décorée), la commanderie des Bordes incarne les mutations des ordres militaires entre Moyen Âge et Renaissance, dans un territoire marqué par les rivalités entre pouvoirs ecclésiastiques et laïcs.