Frise chronologique
1312
Dissolution des Templiers
Dissolution des Templiers
1312 (≈ 1312)
Transfert aux Hospitaliers.
1er quart du XIIIe siècle
Fondation templière
Fondation templière
1er quart du XIIIe siècle (≈ 1325)
Construction autour d’une église romane.
1360
Incendie anglo-gascon
Incendie anglo-gascon
1360 (≈ 1360)
Destruction pendant la guerre de Cent Ans.
1370
Reconstruction hospitalière
Reconstruction hospitalière
1370 (≈ 1370)
Dirigée par Béraud de Dienne.
1718-1732
Travaux post-Ligue
Travaux post-Ligue
1718-1732 (≈ 1725)
Restauration des bâtiments et église.
24 septembre 1990
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
24 septembre 1990 (≈ 1990)
Protection de l’ensemble architectural.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Commanderie, y compris le réfectoire avec son plafond à caissons et sa cheminée, le dortoir, la cheminée de la grande salle du premier étage de l'aile Ouest, l'église romane et sa chapelle Nord et la croix du cimetière (cad. C 518 à 520) : classement par arrêté du 24 septembre 1990
Personnages clés
| Béraud de Dienne - Commandeur hospitalier |
Reconstruit la commanderie après 1360. |
Origine et histoire
La commanderie de Celles, située dans le Cantal en Auvergne, fut fondée au 1er quart du XIIIe siècle par les Templiers autour d’une église romane préexistante. Organisée comme une place forte quadrangulaire avec tours d’angle et cour centrale, elle devint un centre administratif et religieux majeur pour l’Ordre. Après la dissolution des Templiers en 1312, le site fut attribué aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui en firent une commanderie stratégique dans la région.
En 1360, la commanderie fut incendiée par les troupes anglo-gasconnes pendant la guerre de Cent Ans, puis reconstruite à partir de 1370 sous la direction de Béraud de Dienne, commandeur hospitalier. Les éléments du XIVe siècle encore visibles aujourd’hui incluent le corps de logis ouest, la porte sud fortifiée, une tour-escalier et une tour circulaire de flanquement. Le site connut des destructions supplémentaires lors des troubles calvinistes et de la Ligue, nécessitant des réparations majeures entre 1718 et 1732 (granges, château, église).
Vendue comme bien national en 1793 après la Révolution, la commanderie fut partiellement remaniée au XIXe siècle, notamment en 1883 avec la modification du corps de logis ouest (suppression des voûtes, élargissement des ouvertures). L’église, ancienne chapelle templière, conserve une nef romane voûtée en berceau et un chœur plat. Unique en Auvergne pour ses aménagements intérieurs préservés (réfectoire à caissons, dortoir, cheminées monumentales), le site fut classé Monument Historique en 1990 pour son architecture militaire et religieuse.
La commanderie administrait un vaste domaine foncier, incluant 358 censitaires répartis sur 25 villages et 7 paroisses au XVIIIe siècle. Elle percevait dîmes et rentes via trois granges dîmières (Ribbes, Giraltat, La Rivière) et possédait quatre annexes (Allanche-Pradiers, Auriac, Narnhac, Tempel). Ces dépendances témoignent de son rôle économique et spirituel dans la Haute-Auvergne médiévale et moderne.
Les sources historiques, comme les enquêtes pontificales de 1373 ou les travaux du chanoine Hippolyte Bouffet (1914-1916), révèlent les conflits et alliances des Hospitaliers avec les seigneurs locaux (vicomtes de Carlat, Armagnac). La commanderie déclina après la Révolution, mais son architecture hybride — mêlant fortifications templières, reconstructions hospitalières et ajouts modernes — en fait un témoignage exceptionnel de 8 siècles d’histoire religieuse et militaire en Auvergne.