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Commanderie dite Maison Ospitalia à Irissarry dans les Pyrénées-Atlantiques

Patrimoine classé Patrimoine Templier Commanderie templière

Commanderie dite Maison Ospitalia à Irissarry

    Le Village
    64780 Irissarry
Propriété privée
Crédit photo : Asp. - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle (vers 1186)
Fondation initiale
1568–1570
Dégâts pendant les guerres
1603–1611
Reconstruction par Martin de Larrea
1795
Vente comme bien national
1980
Classement Monument Historique
2002
Ouverture d’Ospitalea
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures (cad. AB 135, 137) : inscription par arrêté du 18 mars 1980

Personnages clés

Martin de Larrea - Commandeur de l’ordre de Malte Reconstructeur de la commanderie (1603–1611).
Juanes de Landagaray - Maître d’œuvre tailleur de pierre Dirigea le chantier de reconstruction en 1603.

Origine et histoire

La commanderie d'Irissarry trouve ses origines au XIIe siècle, fondée par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (futur ordre de Malte) sous le nom Hospitale et Oratorium de Irizuri. Mentionnée dès 1186 dans le cartulaire de Bayonne et confirmée par une bulle papale en 1194, elle servait d’hôpital pour les pèlerins de Compostelle sur une voie secondaire, tout en jouant un rôle agricole majeur. Le bourg d’Irissarry s’est développé autour de ce site, qui comptait 26 feux en 1350. Un second établissement, Aphat-Ospitalia, fut créé avant 1194 près de Saint-Jean-le-Vieux, sous l’autorité du commandeur d’Irissarry, mais en laisse peu de traces.

Les guerres de Religion (1568–1570) endommagèrent gravement les bâtiments, conduisant à leur abandon. De 1603 à 1611, le commandeur Martin de Larrea, noble navarrais, reconstruit entièrement la commanderie sur les fondations anciennes, sans fonction hospitalière. Le nouveau bâtiment, achevé en 1607 (date gravée en espagnol sur le fronton est), arbore des symboles de l’ordre de Malte (croix fleurdelisées, armoiries) et une architecture inspirée des fermes de Basse-Navarre, avec une partition tripartite (étable, fenil, ezkaratze).

La Révolution française chasse les Hospitaliers en 1795 : le domaine devient bien national, vendu à des particuliers qui maintiennent son usage agricole. Au XIXe siècle, des modifications intérieures altèrent partiellement la structure, tandis qu’un poulailler-porcherie est ajouté devant l’édifice (détruit après 1945). En 1981, le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques acquiert le site, classé partiellement aux Monuments Historiques en 1980 (façades et toitures). Restauré en 1974 puis entre 2001–2002, il abrite depuis 2002 Ospitalea, le Centre Départemental d’Éducation au Patrimoine.

L’édifice, de plan rectangulaire (19,10 m x 29,50 m), compte quatre niveaux sous un toit à double pente. Ses angles portent des consoles ayant soutenu des échauguettes, et ses ouvertures à meneaux révèlent une organisation interne rigoureuse. La porte sud, datée de 1605, affiche la croix de Malte et une croix fleurdelisée, tandis que le colombier (plage d’envol en élévation sud) rappelle les fonctions agricoles. Une basse-cour murée, avec pressoir à cidre et four à pain, complétait autrefois le domaine. Les armoiries de Martin de Larrea, mutilées en 1814 par les troupes espagnoles, témoignent des tensions historiques du site.

Le site illustre à la fois l’héritage hospitalier médiéval, la reconstruction baroque navarraise, et la réappropriation moderne comme outil pédagogique. Son inscription au titre des Monuments Historiques souligne sa valeur architecturale et mémorielle, liée aux pèlerinages compostellans, à l’ordre de Malte, et à l’histoire rurale du Pays basque.

Liens externes