Fondation initiale XIIe siècle (≈ 1250)
Fondation de la commanderie-hôpital par l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
1603
Début reconstruction
Début reconstruction 1603 (≈ 1603)
Contrat d'artisans passé pour la reconstruction de la commanderie.
1605
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure 1605 (≈ 1605)
Date marquée sur la clé de voûte de la porte sud.
1607
Travaux commandeur Larrea
Travaux commandeur Larrea 1607 (≈ 1607)
Inscription espagnole commémorant les travaux du commandeur Don Martin de Larrea.
1611
Fin des travaux
Fin des travaux 1611 (≈ 1611)
Achèvement de la reconstruction de la commanderie.
Fin du XVIe siècle
Abandon temporaire
Abandon temporaire Fin du XVIe siècle (≈ 1695)
La commanderie est abandonnée après les guerres de Religion.
1795
Vente biens nationaux
Vente biens nationaux 1795 (≈ 1795)
La commanderie est vendue comme bien national.
1981
Acquisition départementale
Acquisition départementale 1981 (≈ 1981)
Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques acquiert l’édifice.
2001-2002
Restauration récente
Restauration récente 2001-2002 (≈ 2002)
Campagne de restauration et création du Centre départemental d’éducation au patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. AB 135, 137) : inscription par arrêté du 18 mars 1980
Personnages clés
Don Martin de Larrea
Commandeur ayant initié la reconstruction de la commanderie au début du XVIIe siècle.
Juanes de Landagaray
Maître d’œuvre nommé pour la reconstruction de la commanderie.
Origine et histoire de la Commanderie
La « Maison Ospitalia », ou commanderie d’Irissarry, est l’emplacement d’une commanderie-hôpital fondée au XIIe siècle par l’ordre de Saint‑Jean de Jérusalem, connue sous les noms d’Hospitale et Oratorium de Irizuri et Ospital de Sent‑Johan de Irissarri dans les siècles suivants. Cet établissement, destiné aux pèlerins de Saint‑Jacques‑de‑Compostelle, a conservé une activité essentiellement agricole et a vu le bourg se structurer autour de ses bâtiments. Les installations d’origine furent endommagées par les troupes de Montgomery lors des guerres de Religion, puis abandonnées à la fin du XVIe siècle. Sous l’impulsion du commandeur Don Martin de Larrea, l’ordre de Malte entreprit au début du XVIIe siècle la reconstruction complète de la commanderie et la remise en état des bâtiments du domaine ; un contrat d’artisans est passé le 6 novembre 1603 et Juanes de Landagaray est nommé maître d’œuvre. Deux inscriptions datent la campagne de reconstruction : la clé de voûte de la porte sud porte la date 1605 accompagnée d’une croix de Malte, d’une croix fleurdelisée et d’une herse, et un fronton de marbre au portail est porte l’inscription espagnole « A HONRA Y SERVICIO DE LA RELIGION DE S JOAN AÑO 1607 EL COMENDADOR DE YRISARI DON MARTIN DE LARREA HIZO ESTA CASA Y PALACIO DESDE LOS CEMIENTOS JUNTAMENTE CON LA CASA Y GRANJA QUE ESTA DE FRENTE Y REDIFICO LOS MOLINOS HACIENDOLOS DE NUEVO Y PLANTO LOS MANZANALES Y OTRAS MUCHAS OBRAS ». La construction s’achève en 1611. Les armoiries de la famille de Larrea, encadrant la dédicace, ont été mutilées, attribution faite tantôt aux révolutionnaires, tantôt aux troupes espagnoles lors de la campagne de 1814. Des actes des XVIIe siècles signalent en avant de l’édifice une grande cour ceinturée de murailles contenant un pressoir à cidre, un four à pain et un enclos pour le bétail. Le commandeur séjournait au premier étage, dans une pièce centrale qui était fermée par une cloison de bois démontée en 2001. En 1795 la commanderie et ses dépendances sont vendues comme biens nationaux; le bâtiment devient une ferme au XIXe siècle, subit des interventions intérieures plus lourdes au début du XXe siècle, puis connaît après la Seconde Guerre mondiale la démolition d’un poulailler‑porcherie et l’installation d’une épicerie dans l’une de ses ailes jusqu’aux années 1970. Acquis par le Conseil général des Pyrénées‑Atlantiques en 1981, l’édifice fait l’objet de campagnes de restauration en 1984 et en 2001‑2002 et accueille depuis septembre 2002 un Centre départemental d’éducation au patrimoine, baptisé Ospitalea. Le bâtiment est de plan rectangulaire (19,10 m sur 29,50 m), couvert d’un toit à double pente, et comprend trois étages plus un grenier. Des consoles à ressauts aux angles témoignent de l’existence probable d’échauguettes, tandis que la plupart des ouvertures sont à meneaux et les combles percés de petites baies rectangulaires. L’organisation intérieure reprend le modèle des fermes de Basse‑Navarre, avec une partition longitudinale en trois parties ; la travée centrale regroupe les fonctions agricoles — étable, fenil, grenier et local de travail dit ezkaratze — et cette répartition a été respectée lors des restaurations. La porte ouest en plein cintre et la porte sud, aujourd’hui ornées des éléments sculptés et des inscriptions déjà mentionnés, rappellent l’appartenance à l’ordre de Malte et la vocation historique du site.