Fondation initiale XIIe siècle (vers 1186) (≈ 1250)
Création de l’hôpital et oratoire par l’ordre de Saint-Jean.
1568–1570
Dégâts pendant les guerres
Dégâts pendant les guerres 1568–1570 (≈ 1569)
Destruction partielle par les troupes de Montgommery.
1603–1611
Reconstruction par Martin de Larrea
Reconstruction par Martin de Larrea 1603–1611 (≈ 1607)
Édification du bâtiment actuel, achevé en 1607.
1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1795 (≈ 1795)
Confiscation et morcellement après la Révolution.
1980
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1980 (≈ 1980)
Protection des façades et toitures.
2002
Ouverture d’Ospitalea
Ouverture d’Ospitalea 2002 (≈ 2002)
Devenir centre départemental d’éducation au patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. AB 135, 137) : inscription par arrêté du 18 mars 1980
Personnages clés
Martin de Larrea - Commandeur de l’ordre de Malte
Reconstructeur de la commanderie (1603–1611).
Juanes de Landagaray - Maître d’œuvre tailleur de pierre
Dirigea le chantier de reconstruction en 1603.
Origine et histoire
La commanderie d'Irissarry trouve ses origines au XIIe siècle, fondée par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (futur ordre de Malte) sous le nom Hospitale et Oratorium de Irizuri. Mentionnée dès 1186 dans le cartulaire de Bayonne et confirmée par une bulle papale en 1194, elle servait d’hôpital pour les pèlerins de Compostelle sur une voie secondaire, tout en jouant un rôle agricole majeur. Le bourg d’Irissarry s’est développé autour de ce site, qui comptait 26 feux en 1350. Un second établissement, Aphat-Ospitalia, fut créé avant 1194 près de Saint-Jean-le-Vieux, sous l’autorité du commandeur d’Irissarry, mais en laisse peu de traces.
Les guerres de Religion (1568–1570) endommagèrent gravement les bâtiments, conduisant à leur abandon. De 1603 à 1611, le commandeur Martin de Larrea, noble navarrais, reconstruit entièrement la commanderie sur les fondations anciennes, sans fonction hospitalière. Le nouveau bâtiment, achevé en 1607 (date gravée en espagnol sur le fronton est), arbore des symboles de l’ordre de Malte (croix fleurdelisées, armoiries) et une architecture inspirée des fermes de Basse-Navarre, avec une partition tripartite (étable, fenil, ezkaratze).
La Révolution française chasse les Hospitaliers en 1795 : le domaine devient bien national, vendu à des particuliers qui maintiennent son usage agricole. Au XIXe siècle, des modifications intérieures altèrent partiellement la structure, tandis qu’un poulailler-porcherie est ajouté devant l’édifice (détruit après 1945). En 1981, le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques acquiert le site, classé partiellement aux Monuments Historiques en 1980 (façades et toitures). Restauré en 1974 puis entre 2001–2002, il abrite depuis 2002 Ospitalea, le Centre Départemental d’Éducation au Patrimoine.
L’édifice, de plan rectangulaire (19,10 m x 29,50 m), compte quatre niveaux sous un toit à double pente. Ses angles portent des consoles ayant soutenu des échauguettes, et ses ouvertures à meneaux révèlent une organisation interne rigoureuse. La porte sud, datée de 1605, affiche la croix de Malte et une croix fleurdelisée, tandis que le colombier (plage d’envol en élévation sud) rappelle les fonctions agricoles. Une basse-cour murée, avec pressoir à cidre et four à pain, complétait autrefois le domaine. Les armoiries de Martin de Larrea, mutilées en 1814 par les troupes espagnoles, témoignent des tensions historiques du site.
Le site illustre à la fois l’héritage hospitalier médiéval, la reconstruction baroque navarraise, et la réappropriation moderne comme outil pédagogique. Son inscription au titre des Monuments Historiques souligne sa valeur architecturale et mémorielle, liée aux pèlerinages compostellans, à l’ordre de Malte, et à l’histoire rurale du Pays basque.
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