Frise chronologique
1231
Première mention écrite
Première mention écrite
1231 (≈ 1231)
Chartes attestant son existence
milieu XIIe siècle
Fondation templière
Fondation templière
milieu XIIe siècle (≈ 1250)
Création par Raoul V de Beaumont-sur-Sarthe
fin XIIe siècle
Fondation de la commanderie
Fondation de la commanderie
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Attestée par des chartes en 1231
1312
Transfert aux Hospitaliers
Transfert aux Hospitaliers
1312 (≈ 1312)
Dévolution après dissolution des Templiers
1459
Mort de Jehan Lepelletier
Mort de Jehan Lepelletier
1459 (≈ 1459)
Tombeau dans la chapelle
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Morcellement en quatre lots
2005
Classement monument historique
Classement monument historique
2005 (≈ 2005)
Protection de l’ensemble architectural
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les éléments suivants composant l'ancienne commanderie : la chapelle ; le bâtiment dit "le temple" ; le logis du commandeur avec ses deux pavillons (cf plan annexé à l'arrêté) (cad. ZC 136) : inscription par arrêté du 21 décembre 2005
Personnages clés
| Raoul V - Vicomte de Beaumont-sur-Sarthe |
Fondateur présumé vers 1150 |
| Robert de Dreux - Premier commandeur connu |
Chevalier en poste vers 1315 |
| Jehan Lepelletier - Commandeur du Gué-Lian |
Décédé en 1459, tombeau conservé |
| Guillaume de Saint-Mars - Chevalier hospitalier |
Commandeur, tombeau sous l’autel |
| Innocent de Tudert - Dernier commandeur |
Bailli de Beaune (Bourgogne) |
Origine et histoire
La commanderie du Gué-Lian, située à Moitron-sur-Sarthe dans la Sarthe, est l’une des deux principales implantations templières du Maine. Fondée à la fin du XIIe siècle, elle est attestée dès 1231 par des chartes. Son nom, Gué-Lian, dérive du latin Vadum Eliant, évoquant un gué sur la Sarthe. La commanderie, initialement templière, fut transférée en 1312 aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem après la dissolution de l’ordre du Temple. Elle devint alors un centre administratif et religieux gérant onze seigneuries, fiefs ou paroisses dépendantes, dont des léproseries, hôpitaux et chapelles.
La chapelle, dédiée à Sainte Emérence et fondée vers le milieu du XIIe siècle par Raoul V, vicomte de Beaumont-sur-Sarthe, abrite une peinture murale remarquable du Dit des trois morts et des trois vifs (XVe siècle). Elle fut un lieu de pèlerinage jusqu’au XXe siècle pour des guérisons symboliques. La commanderie comportait aussi un temple (grange monumentale), un logis seigneurial flanqué de pavillons fortifiés, et une léproserie dédiée à Saint-Laurent, entourée autrefois de douves et de murailles aujourd’hui disparues.
Après la Révolution, la commanderie fut vendue comme bien national en 1789 et morcelée entre plusieurs propriétaires, dont les familles Petit-Bon et Bucquet de Fresnay. Au XXe siècle, la famille Moulinneuf la divisa davantage avant que les derniers éléments (chapelle, temple, moulin) ne passent à la famille Corbin. Classée monument historique en 2005, la commanderie conserve des traces architecturales des XIIIe au XVIIe siècles, ainsi que les tombes de deux commandeurs : Jehan Lepelletier (mort en 1459) et Guillaume de Saint-Mars.
Entre 1315 et 1774, plus de trente commandeurs se succédèrent, dont Robert de Dreux (premier connu) et Innocent de Tudert (dernier, aussi commandeur de Beaune). Les bâtiments actuels reflètent ces strates historiques : la chapelle médiévale, le logis aux fenêtres à meneaux, et le temple, vaste grange aux pignons percés de fenêtres. Les peintures murales, restaurées, et les écussons armoriés (comme ceux des Maupeau) témoignent de son prestige passé.
Les dépendances de la commanderie s’étendaient sur un vaste territoire, incluant des seigneuries (Grateil, Sainte-Catherine), des métairies (Motte-Pruilly, Courtoussaint), et des établissements charitables comme l’hôpitau de Bercon. Ces possessions illustrent son rôle économique et religieux dans la région, depuis les Templiers jusqu’aux Chevaliers de Malte, héritiers des Hospitaliers. La commanderie incarne ainsi cinq siècles d’histoire monastique et militaire, liée aux ordres religieux et à la noblesse locale.