Frise chronologique
10 mars 1848
Fondation du CNEP
Fondation du CNEP
10 mars 1848 (≈ 1848)
Création par décret après la crise de 1847.
1854
Privatisation du CEP
Privatisation du CEP
1854 (≈ 1854)
Fin de la tutelle étatique, naissance du Comptoir d’Escompte.
1860
Expansion internationale
Expansion internationale
1860 (≈ 1860)
Ouverture d’agences à Shanghai et Calcutta.
1889
Krach et liquidation
Krach et liquidation
1889 (≈ 1889)
Faillite due à la spéculation sur le cuivre.
juin 1889
Renaissance du CNEP
Renaissance du CNEP
juin 1889 (≈ 1889)
Recréation après intervention de la Banque de France.
1966
Fusion avec la BNCI
Fusion avec la BNCI
1966 (≈ 1966)
Naissance de la Banque Nationale de Paris (BNP).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; parties intérieures suivantes : au rez-de-chaussée, vestibule d'entrée, salle des pas perdus (agence Bergère) , y compris sa charpente métallique située dans les combles, couloir d'accès à l'escalier d'honneur, escalier d'honneur avec ses piliers ; au premier étage, bureaux et couloirs de direction, salle du conseil (cad. AW 91) : inscription par arrêté du 19 février 1991
Personnages clés
| Édouard Corroyer - Architecte |
Concepteur du siège néo-byzantin (1878-1883). |
| Édouard Hentsch - Président du CEP (1873-1889) |
Responsable du krach de 1889 via la spéculation cuivrée. |
| Alexis Rostand - Directeur du CNEP (1908-1919) |
Relance la banque après 1889. |
| Aimé Millet - Sculpteur |
Auteur des allégories (Finance, Prudence, Commerce). |
| Giandomenico Facchina - Mosaïste |
Réalisa les décors intérieurs néo-byzantins. |
| Henry Bizot - Dernier président du CNEP (1964-1966) |
Supervisa la fusion avec la BNCI. |
Origine et histoire
Le Comptoir National d’Escompte de Paris (CNEP), ancêtre de BNP Paribas, fut fondé par décret le 10 mars 1848 dans un contexte de crise économique post-révolutionnaire. Sa création visait à relancer le crédit et le commerce, avec un capital initial de 20 millions de francs réparti entre l’État, la Ville de Paris et des investisseurs privés, notamment des libraires et éditeurs. Ce comptoir faisait partie des 66 établissements similaires créés en France pour stabiliser le système financier après la faillite de centaines de banques entre 1846 et 1848.
En 1854, le CNEP se privatise sous le nom de Comptoir d’Escompte de Paris (CEP), abandonnant toute tutelle publique. Il se spécialise dans l’escompte et développe rapidement un réseau international, devenant la première banque française à implanter des agences en Asie (Shanghai, Calcutta en 1860), en Océanie, et en Afrique. Cette expansion visait à concurrencer les banques britanniques et à sécuriser des approvisionnements en matières premières, comme le coton pendant la guerre de Sécession. En France, des agences ouvrent à Nantes (1867), Lyon (1868) et Marseille (1869), renforçant les liens entre métropoles commerciales et colonies.
Le krach de 1889, provoqué par des spéculations hasardeuses sur le cuivre orchestrées par le directeur Édouard Hentsch et l’industriel Eugène Secrétan, faillit entraîner la faillite du CEP. La Banque de France intervint en urgence avec une avance de 100 millions de francs pour éviter un effondrement systémique. Le CEP fut liquidé en avril 1889, mais renaît dès juin sous le nom de CNEP, sous la direction d’Alexis Rostand. La banque se recentra sur les dépôts et les émissions coloniales, participant activement à l’industrialisation française (transports, électricité, mines) et étendant son réseau à 733 agences en 1966.
Le siège social, construit entre 1878 et 1883 par l’architecte Édouard Corroyer (élève de Viollet-le-Duc), incarne l’opulence de la banque avec ses décors néo-byzantins, ses mosaïques signées Giandomenico Facchina, et ses sculptures d’Aimé Millet (allégories de la Finance, la Prudence et le Commerce). La verrière d’Edouard Didron, suspendue à une charpente métallique, éclairait un atrium servant d’agence centrale, tandis que des innovations technologiques (électricité, ascenseurs, tubes pneumatiques) modernisaient les opérations. Classé partiellement en 1991, le bâtiment fut vendu en 2020 après avoir abrité BNP Paribas Asset Management.
La fusion du CNEP avec la Banque Nationale pour le Commerce et l’Industrie (BNCI) en 1966, sous l’impulsion du ministre Michel Debré, donna naissance à la Banque Nationale de Paris (BNP). Cette fusion marqua la fin du CNEP en tant qu’entité indépendante, mais son héritage perdure à travers BNP Paribas, aujourd’hui présent dans plus de 80 pays. Le bâtiment de la rue Bergère, symbole de cette histoire, reste un témoignage architectural majeur de l’âge d’or bancaire français.