Corderie de Toulon dans le Var

Patrimoine classé Patrimoine maritime Corderie maritime

Corderie de Toulon

  • Passage de la Corderie
  • 83200 Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Crédit photo : Rvalette - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1682
Projet définitif Vauban
1685
Construction goudronnerie
1686
Début des travaux
1691
Mise en fonction
1701
Achèvement gros œuvre
1755
Rehaussement bâtiments
1820-1830
Réparations majeures
1870
Agrandissement magasin
1873
Incendie majeur
1884
Fin activité corderie
1907
Incendie destructeur
1911
Classement porte Jésuites
1917
Installation préfecture
1943-1944
Bombardements destructeurs
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La porte de l'ancien hôpital de la Marine (ou porte de l'ancien séminaire Jésuite) , remontée à la Corderie : classement par arrêté du 15 avril 1911

Personnages clés

Vauban Ingénieur militaire ayant conçu le projet d'arsenal incluant la corderie.
François Gombert Ingénieur ayant dirigé les travaux de construction de la corderie.
André Boyer Entrepreneur adjudicataire des constructions de la corderie.
Chaussegros Entrepreneur ayant dirigé la construction du magasin au goudron et de la goudronnerie.
Tombarelli Sculpteur ayant réalisé des statues pour la corderie.
Imbert Artisan ayant réalisé des boiseries pour la corderie.

Origine et histoire de la Corderie

La corderie de Toulon est un édifice situé dans la ville de Toulon, dans le Var (Provence-Alpes-Côte d'Azur). Elle comporte des statues de Tombarelli d'après Langueneux et des boiseries d'Imbert d'après Dubreuil. Conçue dans le cadre du vaste projet d'arsenal élaboré par Vauban à son arrivée à Toulon, la corderie devait permettre la confection des cordages les plus longs nécessaires aux vaisseaux. Dans le projet définitif de mai 1682, elle matérialise la limite nord entre l'arsenal et la ville ; à l'ouest lui sont adjoints la goudronnerie et le magasin au goudron, tandis que le magasin des cordages blancs se trouve à proximité. Les travaux commencent au début de 1686 sous la maîtrise d'œuvre de l'ingénieur François Gombert, l'adjudicataire des constructions étant l'entrepreneur André Boyer ; la partie ouest est mise en fonction fin 1691. La partie orientale repose sur pieux ; les plans initiaux prévoyaient des planchers portés par des arcades longitudinales, avec des piliers en pierre de Couronne et des pierres de taille en Fontvieille et Calissane. En 1686, Vauban impose de remplacer ces planchers par des voûtes d'arêtes avec tirants, jugées plus solides et moins vulnérables aux incendies ; en conséquence le rez-de-chaussée est intégralement voûté tandis que l'étage ne l'est que partiellement, sans doute pour des raisons économiques liées à la qualité de la pierre. Le magasin au goudron et la goudronnerie sont construits en 1685 sous la direction de l'entrepreneur Chaussegros. En 1701 Vauban considère la corderie, achevée pour le gros œuvre, comme l'un des plus beaux bâtiments d'Europe ; elle est aussi alors la plus grande du royaume, surpassant celle de Rochefort. Le fonctionnement originel voit les chanvres réceptionnés dans le pavillon Est, stockés au rez-de-chaussée, peignés à l'étage des deux pavillons, puis filés à l'étage du corps central ; l'atelier de commettage occupe le rez-de-chaussée décloisonné du corps central. Jusqu'au milieu du XIXe siècle la corderie conserve son architecture globale, contrairement à la goudronnerie et au magasin aux goudrons qui sont rehaussés en 1755 d'un étage transformé en salle d'armes desservie par un escalier intermédiaire. Des dégradations des piliers entraînent, dans les années 1820–1830, de larges réparations par placage en pierre de Cassis et la suppression des voûtes du pavillon Est déformées par des tassements. En 1870 le magasin aux goudrons est agrandi de sept travées et réaffecté à la poulierie et à l'avironnerie. Un incendie majeur en juillet 1873 ravage la corderie et impose la reconstruction des planchers, charpentes et couvertures ; l'édifice perd sa destination première en 1884, l'activité étant concentrée à Brest et le filin d'acier ayant en grande partie supplanté le chanvre. Les locaux, recloisonnés, accueillent successivement l'école de maistrance, le musée naval, la direction des défenses sous-marines, l'école des officiers torpilleurs et le magasin des torpilles. Un nouvel incendie en avril 1907 détruit complètement, murs compris, un tronçon de plus de 40 mètres du corps central. L'étage du pavillon Est abrite en 1917 les bureaux de la préfecture maritime, ce qui entraîne la construction d'un sas entre la façade est et le mur d'enceinte et l'utilisation, comme entrée monumentale, du portail baroque des Jésuites, déposé puis remonté en appui contre ce mur dès 1911. Les bombardements de 1943 et 1944 provoquent de nouvelles destructions en neuf points de la corderie ; diverses reconstructions, parfois en béton, et des adaptations des abords s'échelonnent de l'immédiat après-guerre au début des années 1970. Enfin, la destruction du sas et du mur d'enceinte libère la face est du pavillon Est et ouvre l'édifice sur une place publique ; le portail des Jésuites est alors remonté directement contre cette façade. La porte de l'ancien hôpital de la Marine, dite porte de l'ancien séminaire jésuite, est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 15 avril 1911.

Liens externes