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Corderie de Toulon dans le Var

Patrimoine classé Patrimoine maritime Corderie maritime

Corderie de Toulon

  • Passage de la Corderie
  • 83200 Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Corderie de Toulon
Crédit photo : Rvalette - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat
83200 Toulon, Passage de la Corderie

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1679
Arrivée de Vauban à Toulon
mai 1682
Projet définitif de Vauban
1685
Début des travaux
1686
Modification structurelle
fin 1691
Mise en service partielle
juillet 1873
Incendie majeur
1884
Fin de l’activité cordière
1911
Classement de la porte des Jésuites
1944
Bombardements
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La porte de l'ancien hôpital de la Marine (ou porte de l'ancien séminaire Jésuite) , remontée à la Corderie : classement par arrêté du 15 avril 1911

Personnages clés

Sébastien Le Prestre de Vauban - Commissaire général aux fortifications Concepteur du projet architectural.
François Gombert - Ingénieur militaire Maîtrise d’œuvre de la construction.
André Boyer - Entrepreneur et architecte du roi Adjudicataire des travaux principaux.
Tombarelli - Sculpteur Auteur des statues intérieures.
Imbert - Menuisier ou ébéniste Réalisateur des boiseries.

Origine et histoire de la Corderie

La corderie de Toulon, édifiée entre 1685 et 1692 sous la direction de Vauban, est un élément clé de l’arsenal maritime de Toulon. Conçue pour produire les cordages nécessaires aux vaisseaux de la flotte royale (jusqu’à 308 mètres de long pour les grelins), elle matérialise la limite nord entre l’arsenal et la ville. Sa structure imposante, longue de plus de 400 mètres avec deux pavillons mansardés et un corps central de 75 travées, reflète une organisation rationnelle : rez-de-chaussée dédié au commettage (tressage des cordes) et étage réservé au filage du chanvre.

Le projet initial, proposé par Vauban en 1682, intègre des innovations techniques comme des voûtes d’arêtes (remplaçant les planchers en bois pour limiter les risques d’incendie) et des piliers en pierre de Couronne. La construction, dirigée par l’ingénieur François Gombert et l’entrepreneur André Boyer, rencontre des difficultés liées à la qualité des matériaux, retardant partiellement le voûtement du premier étage. Les bâtiments annexes — goudronnerie et magasin aux goudrons — sont construits dès 1685 pour traiter les cordages et les protéger de l’humidité.

Au XVIIIe siècle, la corderie fonctionne sans modification majeure, mais des dégradations structurelles (tassements, incendies) imposent des réparations dès les années 1820. Un incendie ravageur en 1873 détruit une grande partie des charpentes et planchers, entraînant une reconstruction partielle avec des arcs-diaphragmes en brique. En 1884, l’activité cesse au profit de Brest, marquant la fin de sa vocation industrielle. Le monument, recloisonné, accueille ensuite des écoles militaires et des bureaux administratifs.

Les bombardements de 1944 endommagent gravement l’édifice, nécessitant des reconstructions en béton et des adaptations post-guerre. Parmi les éléments remarquables, la porte baroque de l’ancien séminaire des Jésuites, classée en 1911, est remontée contre le pavillon est en 1917. Aujourd’hui, malgré la disparition d’un tronçon de 40 mètres en 1907 et des modifications successives, la corderie conserve des vestiges de sa structure d’origine, comme les voûtes du rez-de-chaussée et des fermes métalliques du XIXe siècle.

Les décors intérieurs, incluant des statues de Tombarelli et des boiseries d’Imbert, ainsi que l’organisation spatiale en trois nefs, témoignent de l’ambition architecturale du règne de Louis XIV. Vauban lui-même la qualifie en 1701 de « l’un des plus beaux bâtiments d’Europe », surpassant même la corderie de Rochefort. Son histoire reflète l’évolution des techniques navales, du chanvre traditionnels aux câbles d’acier, et son adaptation aux besoins militaires jusqu’au XXe siècle.

Liens externes

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