Réaménagement de la voie 1680–1740 (≈ 1710)
Création des lacets et pavage actuel.
milieu XVIIIe siècle
Déclin commercial
Déclin commercial milieu XVIIIe siècle (≈ 1850)
Ouverture de la route du Col de la Chavade.
23 novembre 2023
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 23 novembre 2023 (≈ 2023)
Protection de la chaussée et murs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chaussée de la côte du Pal, dont l’origine remonte à l’aménagement réalisé entre 1680 et 1740, ainsi que les murs qui soutiennent celle-ci, suivant le tracé du chemin vicinal n° 3, du lieu-dit la Croisette, au col du Pal, tels que portés au cadastre selon le tracé reporté sur le plan joint à l’arrêté : inscription par arrêté du 23 novembre 2023
Personnages clés
Louis XIV - Roi de France
Commanditaire des travaux initiaux (1680–1740).
Origine et histoire
La côte du Pal, ou montée du Pal, est une voie pavée ardéchoise débutant à Montpezat-sous-Bauzon (alt. 570 m) pour atteindre le col du Pal (alt. 1 223 m) après 12 km de lacets. Son tracé actuel, en rive droite de la Pourseille, date des travaux menés entre 1680 et 1740 sous Louis XIV. Initialement conçue pour transporter des troncs de sapins vers les chantiers navals via l’Ardèche, le projet échoua en raison de l’impossibilité de flotter le bois en amont d’Aubenas. Les pavés et murs de soutènement, caractéristiques du XVIIIe siècle, témoignent de cet aménagement ambitieux mais infructueux.
À l’origine, la voie servait de route commerciale majeure entre le Languedoc et la vallée du Rhône, fréquentée par des caravanes de mulets transportant vin, sel, viande et bois. Un péage médiéval à Montpezat finançait son entretien, reflétant son rôle économique clé. Au milieu du XVIIIe siècle, l’ouverture de la route du Col de la Chavade détourna progressivement le trafic, marginalisant la côte du Pal. Son inscription comme Monument Historique en 2023 protège désormais sa chaussée et ses murs, symboles d’un patrimoine routier et artisanal exceptionnel.
La légende associe parfois ce passage à Jules César lors de la Guerre des Gaules, mais aucune source historique ne confirme ce récit. Les toponymes comme « Chemin de César » sont des réinterprétations tardives. En réalité, la voie doit son développement à l’activité marchande médiévale et aux réaménagements des XVIIe–XVIIIe siècles, marqués par l’adaptation aux charrettes (larges lacets, pente réduite). Aujourd’hui, elle incarne un héritage à la fois technique (pavés, soutènements) et culturel, lié aux échanges entre basse vallée du Rhône et Massif Central.
Le bourg de Montpezat, situé à un carrefour romain (vers Alba, Ruessium, Javols), doit sa physionomie à cette histoire : maisons à arcades pour abriter commerçants et voyageurs, et tracé urbain façonné par les flux transitant vers le Pal. La Croix du Pal, monument associé, et les vestiges des murs de la Croisette complètent ce paysage historique, aujourd’hui valorisé pour son potentiel touristique et sa lisibilité patrimoniale.