Origine et histoire de la Cour d'Altorf
La cour d'Altorf, située à Molsheim (Bas-Rhin), est un ensemble architectural remontant principalement à la 2e moitié du XVIIe siècle, bien que certaines parties datent du XVIe siècle. Le site fut acquis en 1580 par l'abbé bénédictin Laurent Gutjahr, mais subit des dommages majeurs en 1592 et 1610. À la Révolution, la propriété comprenait trois maisons, une chapelle dédiée à saint Joseph (construite en 1668 par l'abbé Bède Heldt), et des dépendances. Les bâtiments conservent des traces d’incendies, notamment celui de 1782, ainsi que des éléments médiévaux comme une chaîne d’angle et une baie romane réutilisée.
La maison des hôtes, construite en 1606, présente un pignon en pan de bois et des portes en plein cintre, tandis que la maison principale, datée de 1666, arbore un cadran solaire et les armoiries de l'abbé Heldt avec la devise « WAS GOTT BESCHERT BLEYBT VNERWERDT ». La chapelle, de style Renaissance et gothique, possède un chœur voûté d’arêtes et une nef en berceau. Le portail d’entrée, daté de 1666, ainsi que deux autres portes (1668 et 1602, cette dernière provenant de Rosheim) sont protégés depuis 1930. Après la Révolution, le domaine fut morcelé et partiellement restauré au XXe siècle (chapelle en 1972-1973, réouverture de la porte cochère en 1958).
L’ensemble illustre l’influence des abbés d’Altorf, qui y résidèrent ou financèrent des travaux, comme Bède Heldt, responsable des constructions de 1666-1668. Les éléments architecturaux — tourelle d’escalier hélicoïdale, fenêtres à meneaux, poteaux en bois sur socles — reflètent les styles Renaissance et baroque alsaciens. La cour, aujourd’hui partagée entre plusieurs propriétaires, témoigne de l’histoire religieuse et seigneuriale de la région, marquée par les guerres et les reconstructions successives.
Le site, situé 16 rue Liebermann, est caractérisé par une localisation urbaine délimitée par trois rues. Son inscription aux monuments historiques concerne spécifiquement trois portes (1666, 1668, et un portail muré), soulignant leur valeur patrimoniale. Les vestiges médiévaux et les traces d’incendies rappellent les tumultes subis par Molsheim, tandis que les restaurations modernes ont permis de préserver ce patrimoine exceptionnel.