Frise chronologique
1765
Installation de la manufacture Réveillon
Installation de la manufacture Réveillon
1765 (≈ 1765)
Création de la manufacture royale de papiers peints.
avril 1789
Révolte des ouvriers de Réveillon
Révolte des ouvriers de Réveillon
avril 1789 (≈ 1789)
Saccage et incendie de la manufacture.
22 janvier 1852
Décret impérial pour logements ouvriers
Décret impérial pour logements ouvriers
22 janvier 1852 (≈ 1852)
Financement par les biens d'Orléans.
1853
Rachat du site par Heeckeren
Rachat du site par Heeckeren
1853 (≈ 1853)
Début des travaux de reconstruction.
1855
Construction des ateliers-logements
Construction des ateliers-logements
1855 (≈ 1855)
Ouverture de la cour de l'Industrie.
1902
Construction de l'usine de force motrice
Construction de l'usine de force motrice
1902 (≈ 1902)
Ajout dans la troisième cour.
1991
Menace de démolition
Menace de démolition
1991 (≈ 1991)
Sauvegarde par classement en 1992.
27 mai 1992
Classement monument historique
Classement monument historique
27 mai 1992 (≈ 1992)
Protection des façades et cours.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des bâtiments bordant les trois cours, leurs escaliers et le sol des cours, à l'exception du bâtiment sud de la première cour (cad. CT 120) : inscription par arrêté du 27 mai 1992
Personnages clés
| Georges de Heeckeren - Baron et sénateur |
Promoteur du projet en 1853. |
| Louis Raphaël Bischoffsheim - Banquier |
Financeur du programme social. |
| Robert William Kennard - Maître de forges anglais |
Associé au rachat du site. |
| Louis Napoléon - Prince-président puis Napoléon III |
Auteur du décret de 1852. |
| Maximilien Titon - Directeur des manufactures royales |
Propriétaire initial du pavillon. |
| Jean-Baptiste Réveillon - Fondateur de la manufacture |
Créateur des papiers peints royaux. |
| Elie Mignet - Architecte |
Concepteur du bâtiment de 1902. |
| Emile Benoist - Architecte |
Co-auteur du bâtiment de 1902. |
Origine et histoire
La cour de l'Industrie est une voie du 11e arrondissement de Paris, créée au XIXe siècle dans un quartier industriel. Elle se distingue par son ensemble d'ateliers et de logements ouvriers, organisés autour de trois cours pavées. Ce site, unique à Paris, fut menacé de démolition en 1991 avant d'être classé monument historique en 1992.
Le projet fut initié en 1853 par le baron Georges de Heeckeren, le banquier Louis Raphaël Bischoffsheim et le maître de forges anglais Robert William Kennard. Ils rachetèrent les ruines de la Manufacture royale de papiers peints Réveillon, détruite en 1789 lors d'une révolte ouvrière, un événement considéré comme un déclencheur de la Révolution française. Les nouveaux bâtiments, construits en 1855, abritaient des ateliers d'artisanat du meuble au rez-de-chaussée et des logements ouvriers aux étages.
La cour de l'Industrie est située à l'emplacement de l'ancienne Folie Titon, un pavillon de plaisance du XVIIIe siècle. La manufacture Réveillon, installée ici en 1765, fut le théâtre d'un soulèvement en 1789, où 300 ouvriers se révoltèrent contre de nouvelles taxes. Le site fut ensuite transformé en 1855 pour répondre aux besoins de logements sociaux, financés par une loi impériale de 1852 utilisant les biens de la famille d'Orléans.
La première cour conserve des façades à pans de bois et un escalier du XIXe siècle. La deuxième, plus modeste, présente des bâtiments à deux niveaux datant de 1853, où le rez-de-chaussée servait d'atelier et d'écurie. La troisième cour abrite une ancienne usine de force motrice de 1902, en briques et pans de bois, ainsi que des constructions basses. L'ensemble, restauré après 1991, reste un lieu vivant mêlant artisans et artistes.
Classée pour ses façades, toitures et escaliers, la cour de l'Industrie illustre l'architecture industrielle du XIXe siècle. Elle est aujourd'hui gérée par une association de riverains, préservant son héritage artisanal. Son histoire reflète les mutations sociales et urbaines de Paris, entre révolution industrielle et patrimoine ouvrier.