Frise chronologique
XVIe siècle
Guerres de Religion
Guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Risques de dégradations pour les monuments religieux.
XVe–XVIIe siècle
Construction du calvaire
Construction du calvaire
XVe–XVIIe siècle (≈ 1750)
Période d’édification typique des calvaires bretons.
XIXe–XXe siècle
Restaurations partielles
Restaurations partielles
XIXe–XXe siècle (≈ 1865)
Travaux de conservation par le clergé.
Fin XVIIIe siècle
Période de la chouannerie
Période de la chouannerie
Fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Utilisation comme repère pour les royalistes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Seigneurs de Goëlo - Commanditaires potentiels |
Famille noble locale influente au Moyen Âge. |
| Artisans tailleurs de pierre - Créateurs anonymes |
Sculpteurs formés dans les ateliers monastiques. |
| Confréries religieuses - Financeurs et protecteurs |
Groupes laïcs dédiés à l’entretien des lieux saints. |
| Chouans - Utilisateurs pendant la Révolution |
Royalistes bretons s’opposant à la République. |
| Associations patrimoniales locales - Acteurs de la préservation |
Bénévoles et experts impliqués dans sa restauration. |
Origine et histoire
La Croix de calvaire de Saint-Houarneau, située à Bourbriac (Côtes-d’Armor), est un exemple remarquable des calvaires bretons, érigés entre le XVe et le XVIIe siècle. Ces monuments, souvent commandités par des seigneurs locaux ou des confréries religieuses, servaient à la fois de repères spirituels et de marqueurs territoriaux. Celui de Saint-Houarneau, taillé dans le granit local, arbore des motifs typiques comme le Christ en croix, la Vierge et saint Jean, reflétant l’influence de l’art gothique flamboyant tardif.
À l’époque de sa construction, la Bretagne était une région profondément marquée par le catholicisme et les traditions celtiques. Les calvaires, souvent placés aux carrefours ou près des églises, jouaient un rôle central dans les processions et les pardons. Leur iconographie, mêlant scènes bibliques et symboles locaux (comme les triskèles), visait à éduquer les fidèles dans un contexte où l’analphabétisme était répandu.
Bourbriac, alors sous l’autorité des seigneurs de Goëlo, bénéficiait d’une relative prospérité liée à l’agriculture et aux foires. Au fil des siècles, la croix a subi des dégâts liés aux intempéries et aux conflits, notamment pendant les guerres de Religion (XVIe siècle) ou la Révolution française, où nombreux monuments religieux furent vandalisés. Des restaurations partielles ont eu lieu aux XIXe et XXe siècles, souvent initiées par des associations locales ou le clergé, pour préserver son intégrité.
Les techniques utilisées, comme le remastage des sculptures érodées, respectaient généralement les méthodes traditionnelles. Aucun événement historique majeur n’est directement associé à ce calvaire, mais il témoigne des bouleversements religieux et sociaux de la Bretagne. Par exemple, pendant la chouannerie (fin XVIIIe siècle), les calvaires servaient de points de ralliement pour les royalistes.
À Saint-Houarneau, des légendes locales évoquent des prières collectives pour la protection des récoltes ou la fin des épidémies, illustrant son ancrage dans la vie communautaire. Aujourd’hui, la croix est classée Monument Historique (date exacte à préciser) et fait l’objet d’un entretien régulier par la municipalité et les Bâtiments de France. Elle constitue un patrimoine touristique et identitaire pour Bourbriac, attirant les amateurs d’art sacré et d’histoire bretonne.
Des visites guidées, notamment lors des Journées du Patrimoine, mettent en lumière son symbolisme et son rôle dans le paysage culturel local. Son style architectural, proche des calvaires du Trégor (comme celui de Ploubezre), suggère des échanges entre artisans de la région. Les croissants de lune ou les têtes de mort sculptées à sa base rappellent la fragilité de la vie, thème cher à l’art macabre médiéval.
Des études récentes en archéologie du bâti pourraient révéler des détails sur ses créateurs, probablement des tailleurs de pierre itinérants formés dans les ateliers monastiques.