Frise chronologique
XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XVe siècle (≈ 1550)
Base hexagonale et fût sculpté érigés.
1588
Date gravée incertaine
Date gravée incertaine
1588 (≈ 1588)
Fondation ou restauration possible.
Rvolution française (fin XVIIIe siècle)
Destruction partielle
Destruction partielle
Rvolution française (fin XVIIIe siècle) (≈ 1895)
Colonne originelle abattue, remplacée plus tard.
Premier Empire (début XIXe siècle)
Remplacement de la croix
Remplacement de la croix
Premier Empire (début XIXe siècle) (≈ 1904)
Nouvelle croix en pierre ajoutée.
1922
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1922 (≈ 1922)
Protection officielle de l'édifice.
1940
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
1940 (≈ 1940)
Village détruit, croix restée debout.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Croix de carrefour : classement par arrêté du 16 août 1922
Personnages clés
| Saint-Jacques - Patron local et saint protecteur |
Statue disparue sur le fût. |
Origine et histoire
La croix du Chesne, située à Bairon et ses environs dans les Ardennes, est une croix de carrefour en pierre érigée au XVe siècle. Ce type de monument, autrefois répandu sur les chemins de France, servait de repère routier, de mont-joie et de lieu de prière. Seuls six ou sept exemplaires subsistent aujourd’hui sur le territoire national. La croix s’élève sur une base hexagonale ornée d’ogives, surmontée d’un fût à six faces abritant autrefois des statues, dont celle de Saint-Jacques, patron local. Une hypothèse suggère qu’elle se trouvait sur un chemin de Compostelle pour les pèlerins du nord.
Initialement construite sur huit marches, la croix a été partiellement enterrée au XIXe siècle lors du creusement du canal des Ardennes, puis réhabilitée lors d’un réaménagement ultérieur. La partie supérieure, une croix en pierre plus récente, remplace une colonne originelle détruite pendant la Révolution française, elle-même remplacée par un élément du Premier Empire. Une date gravée, 1588, pourrait correspondre à sa fondation ou à une restauration, mais son interprétation reste incertaine.
Endommagée pendant la Première Guerre mondiale, la croix a vu sa partie supérieure refaite. Malgré les violents bombardements de 1940 durant la Seconde Guerre mondiale, qui ont rasé une grande partie du village du Chesne, le monument est resté debout au milieu des décombres. Classée au titre des monuments historiques en 1922, cette croix témoigne de la résilience d’un patrimoine à la fois religieux, routier et mémoriel.
Aujourd’hui, la croix se dresse sur la place centrale du Chesne, près de l’église paroissiale et du canal des Ardennes, à l’intersection des routes menant à Louvergny, Tannay et Vouziers. Son fût hexagonale, ses ogives et ses marches partiellement restaurées en font un exemple rare de ces édicules médiévaux, bien que les statues qui l’ornaient aient disparu. Son histoire reflète les bouleversements politiques et militaires qui ont marqué la région, de la Révolution aux deux guerres mondiales.
La croix du Chesne incarne aussi une dimension spirituelle et communautaire. Lieu d’arrêt pour les voyageurs et les pèlerins, elle était associée à des pratiques de dévotion, notamment envers Saint-Jacques, protecteur local. Son emplacement stratégique, à un carrefour de routes historiques, renforce son rôle de marqueur territorial et de symbole de continuité, malgré les destructions et les reconstructions successives.