Frise chronologique
1573
Construction de la croix
Construction de la croix
1573 (≈ 1573)
Date gravée sur l'écusson (ou 1543 selon Drouyn)
20 décembre 1907
Classement monument historique
Classement monument historique
20 décembre 1907 (≈ 1907)
Protection officielle par l'État français
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Croix du XVIe siècle, située dans le cimetière : classement par arrêté du 20 décembre 1907
Personnages clés
| Léo Drouyn - Historien et dessinateur |
A décrit la croix en 1865 |
| Saint Seurin - Patron de la paroisse |
Représenté sur la croix sommitale |
Origine et histoire
La croix de cimetière de Saillans, classée monument historique en 1907, est une croix hosannière typique du XVIe siècle. Située devant le portail occidental de l'église Saint-Seurin, elle date précisément de 1573 selon l'inscription gravée, bien que son style évoque encore le XVe siècle. Ce monument en trois parties (base carrée, fût orné, croix sommitale) servait aux bénédictions des rameaux et mettait en valeur saint Seurin, patron de la paroisse, dont la statue domine l'ensemble.
Le fût, divisé en quatre étages, porte douze statuettes de saints et anges en ronde-bosse, dont sainte Madeleine, saint Antoine, sainte Catherine et saint Jean-Baptiste au niveau inférieur. Les statues supérieures représentent saint Pierre, l'ange Gabriel, saint Paul et saint Michel terrassant le dragon. Ces sculptures, bien que jugées maladroites par Léo Drouyn, s'inscrivent dans la tradition des dons seigneuriaux, avec un caveau funéraire pour les curés sous la base.
La croix proprement dite, de style gothique tardif, arbore des fleurons et un crucifix aux pieds duquel figure une tête de mort. Les symboles des Évangélistes, en bas-relief, complètent l'iconographie. Malgré quelques dégradations (fleurons brisés), elle reste l'une des mieux conservées de Gironde. Son écusson portant la date de 1543 (peut-être une erreur de transcription pour 1573) souligne la persistance des formes médiévales à la Renaissance.
Léo Drouyn, dans sa description de 1865, relève que les statuettes, bien que « dessinées de la façon la plus déplorable », confèrent au monument une richesse décorative rare. La croix illustre aussi l'évolution des pratiques funéraires : placée à l'entrée du cimetière, elle marquait la limite entre le monde des vivants et celui des morts, tout en célébrant la protection divine sur la paroisse.
Classée parmi les monuments historiques depuis 1907, cette croix hosannière témoigne du mécénat religieux local et de l'art des maîtres maçons, distinct des sculpteurs professionnels. Son iconographie, mêlant saints patrons et scènes bibliques, reflète les croyances et la piété collective au sortir du Moyen Âge, dans une région alors marquée par les guerres de Religion.