Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction de la lanterne des morts
Construction de la lanterne des morts
XIIIe siècle (≈ 1350)
Édification initiale comme fanal funéraire.
Date inconnue (ap. XIIIe siècle)
Transformation en calvaire
Transformation en calvaire
Date inconnue (ap. XIIIe siècle) (≈ 1350)
Ajout d’une croix en fer.
1894
Découverte des caveaux-pourrissoirs
Découverte des caveaux-pourrissoirs
1894 (≈ 1894)
Fouilles révélant squelettes et vases.
2 juin 1917
Classement monument historique
Classement monument historique
2 juin 1917 (≈ 1917)
Protection officielle de l’édifice et caveaux.
2020
Démontage du calvaire
Démontage du calvaire
2020 (≈ 2020)
Mesure de conservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Croix de cimetière et caveaux du XIIIe siècle : classement par arrêté du 2 juin 1917
Personnages clés
| Religieux du prieuré Notre-Dame - Utilisateurs des caveaux |
Géraient décomposition et reliques ossuaires. |
| Camille de La Croix - Auteur d’une étude (1902) |
Documenta le monument dans un ouvrage. |
Origine et histoire
La croix de cimetière de Plaisance, initialement une lanterne des morts érigée au XIIIe siècle, se dresse dans le cimetière de cette commune de la Vienne, en Nouvelle-Aquitaine. Son usage originel, comme pour toutes les lanternes des morts, reste hypothétique : phare pour les voyageurs, signalement du cimetière, ou fanal lié aux croyances sur les morts quittant leurs tombes. Une partie de la structure a été détruite à une date indéterminée, puis transformée en calvaire par l’ajout d’une croix en fer. Ce monument illustre les pratiques funéraires médiévales, où lumière et symboles chrétiens se mêlaient aux rituels de décomposition des corps.
En 1894, des travaux de terrassement ont révélé des caveaux-pourrissoirs sous l’édifice. Ces caveaux géminés, utilisés par les religieux du prieuré Notre-Dame, contenaient encore des squelettes et des vases en terre cuite. Leur fonction était de permettre la décomposition des corps avant la récupération des ossements, considérés comme des reliques sacrées. Les caveaux, composés de deux cases de 2 mètres de long, présentaient des dalles transversales pour y déposer les défunts. Cette découverte a confirmé l’usage funéraire médiéval du site, lié à des pratiques religieuses strictes.
L’édifice et ses caveaux ont été classés monuments historiques le 2 juin 1917, reconnaissant leur valeur patrimoniale. En 2020, le calvaire a été démonté pour des raisons de conservation, le rendant invisible au public. Le socle originel, un massif carré en pierre du XIIIe siècle, conserve des traces de l’autel orienté à l’est et de la porte d’accès à l’ancienne colonne creuse de la lanterne. Une dalle sculptée, découverte en 1894, représentait une croix pattée, probablement à vocation votive plutôt que fonctionnelle.
Ce monument témoigne des croyances et pratiques funéraires du Moyen Âge, où la gestion des morts était à la fois une affaire religieuse et communautaire. Les lanternes des morts, rares en France, et les caveaux-pourrissoirs comme celui de Plaisance, offrent un éclairage unique sur la relation entre les vivants et les défunts à cette époque. Leur préservation permet d’étudier l’évolution des rituels et de l’architecture funéraire entre le XIIIe siècle et l’époque moderne.